Клод моне биография на французском языке

Claude Monet par Nadar en 1899.

Biographie

Naissance


ParisVoir et modifier les données sur Wikidata

Décès

(à 86 ans)
GivernyVoir et modifier les données sur Wikidata

Sépulture

Cimetière de Giverny (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Nom de naissance

Oscar-Claude Monet

Nationalité

françaiseVoir et modifier les données sur Wikidata

Domiciles

Argenteuil (jusqu’en ), Vétheuil (à partir de ), Villa Saint-Louis (d) (), Giverny ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Formation

École impériale des beaux-arts de Paris (1862)

Activités

Peintre, artiste graphiqueVoir et modifier les données sur Wikidata

Fratrie

Léon MonetVoir et modifier les données sur Wikidata

Conjoints

Camille Doncieux (de à )
Alice Hoschedé (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata

Enfants

Jean Monet
Michel MonetVoir et modifier les données sur Wikidata

Autres informations

Date de baptême

Voir et modifier les données sur Wikidata

Mouvement

ImpressionnismeVoir et modifier les données sur Wikidata

Maître

Jacques-François Ochard, Charles Gleyre, Eugène Boudin

Genres artistiques

Paysage, nature morte, portraitVoir et modifier les données sur Wikidata

Influencé par

Eugène Boudin, William Turner

Archives conservées par

Archives départementales des Yvelines (166J, Ms 13247-13248, 2 pièces, )[1]Voir et modifier les données sur Wikidata

Œuvres principales

Les Coquelicots
Impression, soleil levant
Les Nymphéas

signature de Claude Monet

Signature

Vue de la sépulture.

modifier — modifier le code — modifier WikidataDocumentation du modèle

Claude Monet, né sous le nom d’Oscar-Claude Monet le à Paris et mort le à Giverny, est un peintre français et l’un des fondateurs de l’impressionnisme.

Il commence sa carrière d’artiste en réalisant des portraits-charge des notables de la ville du Havre. En 1859, il part pour Paris tenter sa chance sur le conseil d’Eugène Boudin. En 1866, il connaît le succès au Salon de peinture et de sculpture grâce à La Femme à la robe verte représentant Camille Doncieux qu’il épouse le 28 juin 1870. Il fuit la guerre de 1870 à Londres, puis aux Pays-Bas. Dans la capitale anglaise, il fait la rencontre du marchand d’art Paul Durand-Ruel, qui sera sa principale source de revenus, pendant le reste de sa carrière. Revenu en France en 1871, il participe à la première exposition des futurs impressionnistes, en 1874.

Claude Monet peignant à l’orée d’un bois, vers 1885
John Singer Sargent
Londres, Tate Gallery[2]

En 1876, il rencontre Ernest Hoschedé, un mécène qui va rapidement faire faillite. La mort de Camille en 1879 et les nombreuses absences d’Ernest, conduisent au rapprochement de Monet et d’Alice Hoschedé. En plus de peindre intensivement la Seine, Claude se rend régulièrement sur la côte normande pour peindre. En 1883, lui, ses deux enfants et la famille Hoschedé emménagent définitivement à Giverny. C’est à partir de cette période que prennent fin ses ennuis financiers.

À partir de 1890, Monet se consacre à des séries de peintures, c’est-à-dire qu’il peint le même motif à différentes heures de la journée, à diverses saisons. Il peint alors parfois des dizaines de toiles en parallèle, changeant en fonction de l’effet présent. Il commence par Les Meules, puis enchaîne successivement Les Peupliers, la série des Cathédrales de Rouen, celle des Parlements de Londres et Les Nymphéas de son jardin, qu’il décline en grand format pour peindre ce qui deviendra les «grandes décorations» qui seront installées au musée de l’Orangerie. La fin de sa vie est marquée par la mort d’Alice et par une maladie, la cataracte, qui affecte son travail. Il meurt à 86 ans d’un cancer du poumon.

Monet peint devant le modèle sur l’intégralité de sa toile dès les premières ébauches, il retouche ensuite de nombreuses fois jusqu’à ce que le résultat le satisfasse. Contrairement à ce qu’il affirme, il termine la plupart de ses toiles en atelier, prenant modèle sur les premières peintures d’une série pour peindre les autres.

D’un caractère parfois difficile, prompt à la colère comme au découragement, Claude Monet est un grand travailleur qui n’hésite pas à défier les éléments pour pratiquer sa passion. Monet résume sa vie ainsi de la meilleure manière : « Qu’y a-t-il à dire de moi ? Que peut-il y avoir à dire, je vous le demande, d’un homme que rien au monde n’intéresse que sa peinture — et aussi son jardin et ses fleurs ? »

Autoportrait, 1917, MUba Eugène-Leroy, Tourcoing.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence (1840-1858)[modifier | modifier le code]

Caricature de Léon Manchon réalisée en 1858, Art Institute of Chicago.

Claude Monet est né le au 45, rue Laffitte dans le IXe arrondissement de Paris. Il est le second fils d’Adolphe et Louise-Justine Monet, née Aubrée, après Léon Pascal, dit Léon (1836-1917)[3]. Baptisé sous le nom d’Oscar-Claude à l’église Notre-Dame-de-Lorette de Paris, au début de l’année 1841, il est appelé « Oscar » par ses parents[4]. Il aime à dire plus tard qu’il est un vrai Parisien[réf. souhaitée]. Ses parents sont tous deux nés à Paris, tandis que ses grands-parents y étaient déjà installés aux environs de 1800. La famille, grands-parents paternels compris, s’installe au Havre en Normandie vers 1845, l’année de ses cinq ans. Ce déménagement est certainement provoqué par la situation financière précaire dans laquelle se trouve alors Adolphe[5]. L’influence de la demi-sœur de ce dernier, Marie-Jeanne Lecadre, née Gaillard, épouse et fille de commerçants havrais, y est aussi certainement pour quelque chose[6]. C’est elle qui, à la suite de la mort de Louise-Justine Monet survenue en 1857, élève Léon et Oscar[3].

Eugène Boudin, Vue du port de Quimper, v. 1857, musée des beaux-arts de Quimper.

Le jeune Oscar n’est pas un élève très appliqué selon ses propres dires, mais il apparaît dans les annales du collège havrais situé rue de la Mailleraye, qu’il fréquente à partir du comme « une excellente nature très sympathique à ses condisciples ». De manière précoce, il développe un goût pour le dessin et il suit avec intérêt le cours d’Ochard, un ancien élève de David. Ses premiers dessins sont des « portraits-charges » de personnages (professeurs, hommes politiques) dont Monet « enguirlande la marge de ses livres… en déformant le plus possible la face ou le profil de ses maîtres » selon ses propres termes[7]. Il fait déjà des croquis de bateau et des paysages en « plein air » sur le motif[7].

Le , sa mère meurt et il abandonne ses études. Sa tante Jeanne Lecadre (1790-1870), qui peint elle-même à ses heures perdues, l’accueille et l’encourage à continuer le dessin. Face au succès rencontré par ses caricatures, il décide d’y apposer la signature « O. Monet » et de les vendre chez un papetier-encadreur, du nom de Gravier, ancien associé d’Eugène Boudin qui lui confie le négoce de certaines de ses toiles[8]. C’est là que Claude Monet va faire sa connaissance, vraisemblablement début 1858, rencontre déterminante pour sa carrière artistique : « Si je suis devenu un peintre, c’est à Eugène Boudin que je le dois »[9].

Monet commence à peindre ses premières toiles de paysage à l’été 1858. Il en présente deux à l’exposition municipale des Beaux-Arts de la ville du Havre qui se déroule durant les mois d’août et de septembre de la même année. Ces deux toiles, fortement influencées par la technique de Boudin, sont acceptées et présentées sous le titre unique : Paysage. Vallée de Rouelles[10]. Devant ce succès, Boudin conseille à son jeune comparse de quitter Le Havre pour Paris dans le but d’y suivre des cours et d’y rencontrer d’autres artistes[9].

Premier séjour à Paris (1859-1860)[modifier | modifier le code]

Claude Monet arrive à Paris en avril 1859 et s’installe à l’hôtel du Nouveau Monde, place du Havre[10]. Il visite immédiatement le salon qui vient d’ouvrir. Ensuite il est accueilli par Amand Gautier, un ami de sa tante Lecadre. Celle-ci lui verse une pension régulière et gère ses économies d’environ 2 000 francs accumulées grâce à la vente de dessins à charge. Ils lui seront précieux car son père avait demandé une bourse à la ville du Havre, le , mais il a essuyé un refus. Il rend également visite à Charles Lhuillier, Constant Troyon et Charles Monginot. Ces deux derniers lui conseillent d’entrer dans l’atelier de Thomas Couture, qui prépare à l’École des Beaux-arts. Toutefois celui-ci refuse le jeune Monet[11]. Début 1860, probablement en février, il entre à l’Académie Suisse, située dans l’île de la Cité, que dirige Charles Suisse[12]. Il y rencontre notamment Camille Pissarro. Lors du salon de cette année, il admire tout particulièrement les œuvres d’Eugène Delacroix, l’année précédente c’était Daubigny qui attirait son attention. Ce premier séjour n’est cependant pas consacré qu’au travail. En effet, Claude passe une part non négligeable de son temps dans les cafés parisiens et plus particulièrement à la brasserie des Martyrs, alors haut lieu des rencontres entre auteurs et artistes[13],[14].

Algérie et retour en Normandie (1861-1862)[modifier | modifier le code]

Claude Monet en tenue militaire de zouave par Charles Lhullier en 1861. Musée Marmottan-Monet, Paris
Le Déjeuner sur l’herbe (partie centrale) , 1865-1866, musée d’Orsay, Paris.

Le , Monet est tiré au sort au Havre pour être conscrit. Certes, sa famille aurait pu payer l’exonération de 2 500 francs, mais celle-ci est liée à son renoncement à la carrière d’artiste pour reprendre les affaires familiales. Monet s’y refuse et intègre le 1er régiment de chasseurs d’Afrique le et va stationner à Mustapha en Algérie[14]. Début 1862, il contracte la fièvre typhoïde à Alger et est autorisé à rentrer au Havre durant l’été. Sa tante, Jeanne Lecadre, accepte de le faire sortir de l’armée et de payer les quelque 3 000 francs que coûtent l’exonération, à condition qu’il prenne des cours d’art à l’académie. Il quitte donc l’armée, mais n’aime pas les styles traditionnels de peinture enseignés à l’académie. En revanche, malgré les expériences pouvant paraître déplaisantes qu’a vécues Monet en Algérie, il en retient un bon souvenir en général. Il dit en effet à Gustave Geffroy : « Cela m’a fait le plus grand bien sous tous les rapports et m’a mis du plomb dans la tête. Je ne pensais plus qu’à peindre, grisé que j’étais par cet admirable pays, et j’eus désormais tout l’assentiment de ma famille qui me voyait si plein d’ardeur[15]. » En 1862, il se lie d’amitié avec Johan Barthold Jongkind et retrouve Eugène Boudin, lors de son séjour à Sainte-Adresse[16].

Vers la maturité (1862-1865)[modifier | modifier le code]

Le Déjeuner sur l’herbe (partie gauche), 1865-1866, musée d’Orsay, Paris

La même année en 1862, il commence à étudier l’art dans l’atelier de l’École impériale des beaux-arts de Paris dirigé par Charles Gleyre à Paris, grâce aux recommandations de son cousin par alliance Auguste Toulmouche[17]. Mais il finit par quitter rapidement l’atelier de son maître, étant en désaccord avec celui-ci sur la manière de présenter la nature. En effet, Gleyre, dont l’art prône le retour à l’antique, privilégie une idéalisation des formes tandis que Monet la reproduit telle qu’elle est[18]. Après qu’il a déclaré à Monet : « Rappelez-vous donc, jeune homme, que, quand on exécute une figure, on doit toujours penser à l’antique[19],[20]. », le soir même, il réunit Frédéric Bazille, Auguste Renoir et Alfred Sisley et leur suggère, selon sa déclaration, de quitter l’atelier de Gleyre[21], ce qu’ils feront 15 jours plus tard, au printemps 1863[notes 1].

Ce passage rapide à l’École impériale des beaux-arts lui aura toutefois permis de rencontrer Pierre-Auguste Renoir, Alfred Sisley et Frédéric Bazille[22] avec qui il entretient, par la suite, une importante correspondance. Au printemps 1863, devenu copiste au Louvre, Monet va, avec Bazille, peindre devant nature à Chailly-en-Bière près de Barbizon[18].

Terrasse à Sainte-Adresse, 1867, The Metropolitan Museum of Art, New York.

Mi-mai 1864, Monet retourne sur la côte normande et en particulier à Honfleur en compagnie de Bazille. Il réside un temps à la ferme Saint-Siméon. Frédéric retourne à Paris, tandis que Claude continue à peindre en Normandie. Fin août, il retrouve Jongkind et Boudin. De sa période honfleuraise en compagnie de ces deux peintres, Monet conservera un attachement et ils auront une influence essentielle dans la genèse de son art. C’est aussi à cette période qu’éclate une brouille avec sa famille qui menace de lui couper les vivres. Il appelle alors pour la première fois à l’aide Bazille[23].

Fin 1864, Claude s’installe avec Frédéric dans un atelier à Paris. Il présente deux vues de l’estuaire de la Seine prises à Honfleur et à Sainte-Adresse au jury du salon de 1865 : La Pointe de la Hève et Embouchure de la Seine. Acceptées par le jury, ces deux œuvres sont exposées et rencontrent un accueil positif, notamment de la part des critiques[24]. Par la suite, il fait à Chailly les premières études pour son Déjeuner sur l’herbe, une toile de grande taille (4,65 × 6 m) qui sera commencée en atelier à Paris et suscitera l’admiration de nombre de ses confrères[25]. Mais un changement d’atelier impose de la rouler et elle sera plus tard laissée en gage à un bailleur par l’artiste en désespoir de cause en 1878, avant d’être rachetée en mauvais état en 1884[26]. Elle restera inachevée et sera coupée en deux parties avant amputation de sa partie droite[27],[28].

Camille (1866-1879)[modifier | modifier le code]

Portrait de Claude Monet par Carolus-Duran, 1867 au Musée Marmottan Monet, Paris

En 1866, il rencontre Camille Doncieux, qui devient un de ses modèles. N’ayant pas pu achever Le Déjeuner sur l’herbe pour le Salon de 1866, Monet y expose La Femme en robe verte, un portrait de sa fiancée Camille, exécuté à la hâte et avec fureur en seulement quatre jours. Cette toile obtient un grand succès au salon de la même année[29], elle est très acclamée, notamment par Émile Zola. Elle est exposée avec une autre toile représentant la forêt de Fontainebleau réalisée deux ans auparavant. Monet établit ici une association entre deux œuvres radicalement opposées appartenant à deux genres distincts, qu’il cherchait à réunir dans son Déjeuner[30]. Il a également envoyé au salon un pavé de Chailly. Il peint ensuite Femmes au jardin, d’abord à Sèvres, puis à Honfleur. Cette œuvre, qui montre pour la première fois la lumière naturelle et changeante, est refusée par le jury du salon, en 1867[31] (il en est de même pour Le Port de Honfleur, autre toile présentée par Monet cette année-là). De plus, la pétition lancée par de nombreux artistes pour qu’une exposition des œuvres refusées ait lieu est rejetée[32].

Ces refus successifs plongent Claude Monet dans une situation financière très délicate. Malgré l’achat de la toile Femmes au jardin pour 2 500 francs par Frédéric Bazille[31], Claude est plus que jamais dans la misère. De plus, Camille est enceinte. Il se voit donc dans l’obligation de rentrer en Normandie auprès de sa famille. Il passe l’été à peindre : La Plage de Sainte-Adresse, Jetée du Havre, Terrasse à Sainte-Adresse, etc. Camille donne naissance à Jean Monet le [33]. C’est l’année où il la représenta assise auprès du berceau de l’enfant dans un tableau qui était conservé en 1966 dans une collection Mellon, ainsi qu’un portrait d’eux – assis sous un arbuste de leur jardin d’Argenteuil – de 1874 par Renoir[notes 2].

En 1868, une de ses deux toiles présentées, Navires sortant des jetées du Havre, est acceptée au salon. Cependant, l’accueil de cette œuvre n’est guère enthousiaste et déçoit critiques et artistes[34].

À cette époque, il se fait souvent prêter de l’argent par ses amis, au premier rang desquels Bazille. Ses tableaux sont souvent saisis au point qu’il fait une tentative de suicide au printemps 1868[35]avant de quitter Bennecourt : il se jette à l’eau. Malgré son véritable sentiment de désolation qui lui permit de réaliser ce geste, il en sortit sans aucun souci du fait qu’il était très bon nageur ; son caractère intrépide se renforça encore plus[36]. L’été de cette même année semble toutefois s’annoncer sous de meilleurs auspices, puisque M. Gaudibert, un riche armateur havrais, lui commande plusieurs tableaux dont le portrait de sa femme. De plus, cinq de ses toiles sont acceptées à l’exposition internationale maritime qui se tient au Havre[34]. À la fin de l’année, Claude Monet habite avec sa femme et son fils à Fécamp, sa famille refusant d’héberger la jeune femme.

En 1869, il s’installe à Bougival. Sur l’île de Croissy, en compagnie de Renoir, il peint l’établissement des bains de la Grenouillère (Bain à la Grenouillère), inventant alors la technique de peinture impressionniste[37]. Cette année-là et la suivante, toutes ses toiles sont refusées par le salon sous l’impulsion de Gérôme[32]. En dépit de sa pauvreté persistante, il épouse Camille, le , à la mairie du 8e arrondissement de Paris[38],[39],[40].

  • La Femme en robe verte, 1866.

  • Femmes au jardin, 1866.

  • La Capeline rouge, 1868.

    La Capeline rouge, 1868.

  • Bain à la Grenouillère, 1869.

  • Portrait de son fils Jean en bonnet à pompon, 1869

    Portrait de son fils Jean en bonnet à pompon, 1869

  • La route de Versailles à Louveciennes, effet de neige, 1870.

    La route de Versailles à Louveciennes, effet de neige, 1870.

  • Le Port de Trouville, 1870.

    Le Port de Trouville, 1870.

Londres et les Pays-Bas (1870-1871)[modifier | modifier le code]

Le Bassin de Londres, 1871, National museum of Wales, Cardiff
Passerelle à Zaandam, 1871, musée des Ursulines, Mâcon

L’entrée en guerre de la France en juillet 1870 ne soulève aucun sentiment nationaliste chez Monet, pas plus que l’établissement du Gouvernement de Défense nationale. Dans ce contexte tendu, il souhaite s’éloigner de Paris qui devient de plus en plus agité. Il s’installe alors à Trouville-sur-Mer, où il peint de nombreuses toiles en plein air comme La plage de Trouville ou Hôtel des Roches noires[41].

Frédéric Bazille qui a souvent aidé Monet, trouve la mort sur le champ de bataille, à Beaune-la-Rolande, le . À la fin de l’année, Claude ne voulant pas servir militairement, décide de partir à Londres[42]. Il y retrouve certaines de ses connaissances telles que Pissarro[43]. Il y admire les œuvres des peintres britanniques Turner et John Constable et est impressionné par la manière du premier de traiter la lumière, notamment dans les œuvres représentant le brouillard sur la Tamise. Ce séjour est également l’occasion de faire des rencontres : celle du peintre américain James Abbott McNeill Whistler, également influencé par Turner, avec lequel il se lie d’amitié ; et surtout celle du marchand d’art Paul Durand-Ruel, qui sera déterminante pour sa carrière. Enfin, ce séjour est également l’occasion pour Monet de peindre, les jardins londoniens et la Tamise notamment, et de faire encore évoluer sa technique, allant toujours plus loin dans le bouleversement de la tradition[44]. Désargenté, il ne peint que six tableaux en l’espace de sept ou huit mois, ce qui est très peu pour lui. Parmi ceux-ci figure le portrait de sa femme Camille, intitulé Méditation. Madame Monet au canapé, dans lequel on peut percevoir cette sorte de déprime qui l’animait[45]. Cependant, Monet est intéressé par la lumière de Londres et souhaite pouvoir revenir y peindre la Tamise, ce qu’il fera dans une centaine de tableaux entre 1899 et 1901[43].

Son père meurt le . Mais Monet ne rentre pas en France et n’assiste pas aux obsèques, craignant l’accueil qui sera fait à ceux qui, comme lui, se sont soustraits à leurs obligations patriotiques[46].

Fin mai 1871, il se rend aux Pays-Bas et s’installe à Zaandam, en compagnie de Camille et Jean. Il y peint 25 toiles pendant son séjour de quatre mois[47].

C’est lors d’une visite d’Amsterdam toute proche qu’il découvre des estampes japonaises dans une boutique et en commence la collection[48]. Il rentre à Paris le 8 octobre[49].

Argenteuil (1871-1877)[modifier | modifier le code]

Impression, soleil levant (1872), musée Marmottan Monet
Gare Saint-Lazare, 1877
Gare Saint-Lazare, 1877, Fogg Art museum, Cambridge, Massachussets.

En décembre 1871, Monet et sa famille emménagent dans une maison avec jardin à Argenteuil, près de la Seine[50]. L’héritage de son père et la dot de sa femme permettent d’améliorer les conditions matérielles. En outre, au cours de l’année 1872, il enregistre des achats importants de Durand-Ruel : 29 toiles au total, dont certaines sont exposées à Londres[51]; c’est également à cette époque-là qu’il fait l’acquisition de son bateau-atelier qui lui permet d’accéder à de nouveaux points de vue. Manet en fait un tableau : Claude Monet peignant dans son atelier. C’est aussi l’année où Renoir le représente assis à une table lisant un livre en fumant une longue pipe[notes 3].

En décembre 1873, Durand-Ruel, victime d’ennuis financiers, doit réduire puis suspendre ses achats[52].

Le , l’exposition de la Première exposition des peintres impressionnistes organisée par la Société anonyme coopératives d’artiste ouvre ses portes dans les ateliers de Nadar, au 35, boulevard des Capucines. Elle présente les œuvres des différents artistes qui se qualifieront plus tard d’impressionnistes. Y est notamment présenté un paysage du port du Havre : Impression, soleil levant. N’attirant que 3 500 visiteurs durant son mois d’ouverture, la manifestation n’a pas le succès attendu et un grand nombre de critiques et de journalistes sont hostiles[53]. Pour ajouter à cette déroute, la société se retrouve, à l’issue de la manifestation, au bord de la faillite, l’obligeant à procéder à sa dissolution[54]. Enfin, c’est à l’occasion de cette exposition que le terme impressionniste est utilisé pour la première fois, et de manière ironique, dans une critique de Louis Leroy publiée dans le Charivari du 25 avril 1874[55].

En avril 1876, contre toute attente, a lieu la deuxième exposition dans les locaux de Durand-Ruel. Monet y expose 18 tableaux. Les critiques sont, cette fois, moins virulents ; des éloges sont même adressés à Claude Monet.

À la fin de l’été de la même année, il s’installe au Château de Rottembourg[56] à Montgeron, à l’invitation d’Ernest Hoschedé, ami et grand mécène du jeune Monet encore peu connu[57],[58].La demeure appartenait dès 1870 à Ernest et à sa femme Alice, née Raingo, issue d’une riche famille d’origine belge, suite au décès du père de cette dernière, qui avait acquis le château en 1865 pour servir de résidence secondaire[59]. Ils y vivent avec leurs cinq enfants[60]. Après la mort de son mari Ernest, Alice deviendra la seconde épouse de Claude Monet.

Lors de son séjour à Montgeron et à Yerres[61], Monet travaille à des études et à la décoration de certaines des pièces du château des Hoschedé. Outre une série de tableaux paysagers de taille courante[62], il s’agit surtout d’un ensemble décoratif monumental de 4 grands tableaux[notes 4], commandés spécialement pour le grand salon en rotonde du château, mais jamais installés suite à la faillite de Hoschedé en 1877[63],[64]. En peignant cet ensemble, Monet réalisa pour la première fois une vieille idée de concevoir des Grandes Décorations, qu’il finira enfin par créer des années plus tard, non sans mal, avec Les Nymphéas, son œuvre majeure installée dans une salle ovale dédiée au Musée de l’Orangerie, quelques mois après son propre décès[65],[66].

  • Claude Monet: Étang à Montgeron, 1876 (Musée de l'Ermitage), inscrit au Cat. Raisonné Wildenstein - n° 420[67]

    Claude Monet: Étang à Montgeron, 1876 (Musée de l’Ermitage), inscrit au Cat. Raisonné Wildenstein — n° 420[67]

  • Claude Monet: Coin de Jardin à Montgeron, 1876 (Musée de l'Ermitage), inscrit au Cat. Raisonné Wildenstein - n° 418[68]

    Claude Monet: Coin de Jardin à Montgeron, 1876 (Musée de l’Ermitage), inscrit au Cat. Raisonné Wildenstein — n° 418[68]

  • Claude Monet: Les Dindons, 1877 (musée d'Orsay), inscrit au Cat. Raisonné Wildenstein - n° 416[69]

    Claude Monet: Les Dindons, 1877 (musée d’Orsay), inscrit au Cat. Raisonné Wildenstein — n° 416[69]

  • Claude Monet: La Chasse, 1876 (Coll. privée), inscrit au Cat. Raisonné Wildenstein - n° 433[70]

    Claude Monet: La Chasse, 1876 (Coll. privée), inscrit au Cat. Raisonné Wildenstein — n° 433[70]

En 1877, il peint une série de peintures à la gare Saint-Lazare. Monet envoie 8 tableaux issus de cette série[notes 5] à la troisième exposition impressionniste. Pour la première fois, une revue, L’impressionniste, est publiée pour accompagner l’exposition et commenter les différentes œuvres présentées[71]. C’est donc également la première fois que les peintres impressionnistes reprennent à leur compte le terme impressionnisme qu’ils jugent approprié pour désigner et identifier leur style[60]. L’exposition est un succès et fait l’objet d’une approbation critique[72].

  • Jean Monet sur son cheval à bascule, 1872, Metropolitan Museum, New York

    Jean Monet sur son cheval à bascule, 1872, Metropolitan Museum, New York

  • Le Pont d'Argenteuil, 1874, musée d'Orsay, Paris

    Le Pont d’Argenteuil, 1874, musée d’Orsay, Paris

  • La Promenade, la femme à l'ombrelle, 1875, National Gallery of Art, Washington

Retour à Paris puis Vétheuil (1878-1880)[modifier | modifier le code]

Camille sur son lit de mort, 1879, musée d’Orsay, Paris
Portrait de MIchel Monet en bonnet à pompon, 1880, musée Marmottan Monet, Paris
Soleil d’hiver à Lavacourt, 1879-1880, musée d’art moderne André-Malraux, Le Havre.

Début 1878, obligé de réduire son train de vie, Monet quitte Argenteuil et s’installe provisoirement à Paris, rue d’Édimbourg. Il réussit à payer in-extremis ses créanciers afin de ne pas se faire saisir ses toiles. Le 17 mars 1878, Camille met au monde un second fils : Michel. Elle ne se remettra jamais totalement de cet accouchement, demeurant dans un état de fatigue et de faiblesse continuel. Monet, inquiet pour elle, fera souvent part de ses craintes la concernant dans ses différentes correspondances[72]. Durant cette période, Monet peint l’île de la Grande-Jatte ainsi que La Rue Montorgueil[73].

En août 1878, les Monet et les Hoschedé emménagent dans une petite maison à Vétheuil, près de Pontoise. L’ancien mécène, Ernest Hoschedé, a alors fait faillite en raison de ses spéculations sur les œuvres d’art[74]; l’ensemble de sa collection, dans laquelle figurent 16 toiles de Monet, fait l’objet d’une vente publique.

Dans le courant de l’année 1879, les soucis liés à l’argent et à la santé de Camille ont éloigné Monet des autres peintres impressionnistes ainsi que de Paris où il se rend uniquement pour écouler ses œuvres. Toutefois, il participe à la quatrième exposition du groupe des impressionnistes qui se tient, cette année-là, avenue de l’Opéra. Monet y expose 29 tableaux. Réalisés entre 1867 et 1878, ils offrent un résumé de la carrière du peintre et de son évolution artistique[75].

Camille, encore malade, ne parvient pas à se rétablir. Pour tenter de la sauver et financer les soins dont elle a besoin, Monet brade les dernières toiles qu’il a peintes. En vain. Elle meurt le après de longues souffrances. Monet témoigne des derniers instants de sa femme en réalisant un portrait d’elle sur son lit de mort[74].

La mort de Camille va se traduire chez le peintre par deux ruptures. La première est d’ordre esthétique. Elle est nettement visible dans les peintures, La Débâcle ou encore appelée Les Glaçons, qu’il fait de la Seine prise dans les glaces, lors de l’hiver rigoureux de 1880 : couleurs irréelles, absence d’êtres humains, etc.[76] La deuxième rupture se fait avec les autres peintres impressionnistes. Ces derniers n’acceptent pas vraiment ce choix et publient, le dans les pages du Gaulois, un avis de décès de Monet : « Les obsèques de M. Claude Monet seront célébrées le premier mai prochain à dix heures du matin en l’église du Palais de l’Industrie — salon de M. Cabanel. Prière de ne pas y assister »[76]. Autre manifestation de cette seconde rupture : Monet présente deux nouvelles toiles au jury du salon, chose qu’il n’avait pas faite depuis des années. L’une des deux œuvres, une peinture du village de Lavacourt, est admise. Cependant, exposée à 6 m du sol, juste sous le plafond, elle passe plutôt inaperçue[77].

Cet échec est vite oublié : le journal La Vie moderne, dirigé par Georges Charpentier, propose d’organiser une exposition qui lui est uniquement consacrée. Celle-ci ouvre le et présente 18 tableaux. Elle est accompagnée d’un catalogue qui, outre la préface de Théodore Duret et la description des œuvres, contient un entretien de Monet avec le journaliste Émile Taboureux. Cette exposition obtient un réel succès puisque le peintre réalise suffisamment de transactions pour solder ses dettes[78],[79].

À cette époque, Ernest Hoschedé étant souvent absent, Claude, à présent veuf, vit avec Alice et ses enfants. Ce mode de vie est montré du doigt par la société de l’époque[78].

Toutefois, durant l’été et l’automne 1880, Monet se rend régulièrement sur la côte normande afin de travailler[80].

Poissy (1881-1883)[modifier | modifier le code]

En 1881, la situation financière s’améliore peu à peu d’autant plus que Durand-Ruel se porte régulièrement acquéreur de ses œuvres. Toutefois, en décembre de la même année, n’ayant pu s’acquitter de son loyer, il déménage avec ses deux fils, Alice et les six enfants de celle-ci pour s’installer à Poissy[81]. En vivant sous le même toit, leur concubinage devient connu de tous ; c’est une situation scandaleuse à l’époque.

Le , la 7e exposition des artistes indépendants ouvre ses portes dans les salons du Reichshoffen au 251, rue Saint-Honoré. C’est la dernière exposition des impressionnistes à laquelle participe Monet[80]. Il y expose 35 tableaux parmi lesquels Fleurs de Topinambours, deux versions des débâcles sur la Seine et des vues de Vétheuil et de Poissy[82].

Par la suite, durant l’été, puis durant l’hiver, Monet retourne sur la côte normande : d’abord à Dieppe, puis à Pourville.

Le , une nouvelle exposition consacrée à Monet ouvre ses portes au 9, boulevard de la Madeleine, dans les nouveaux locaux de Durand-Ruel. Les 56 tableaux exposés offrent une rétrospective complète de la carrière du peintre, des premières toiles de 1864 jusqu’aux dernières réalisées en 1882 sur la côte normande. Malgré cela, l’exposition est peu fréquentée et les ventes sont décevantes, mais les critiques dans la presse sont majoritairement positives[83].

Installation à Giverny et voyages en série (1883-1889)[modifier | modifier le code]

Champs de tulipes en Hollande, 1886, musée d’Orsay, Paris

Désireux de quitter Poissy où il ne s’est jamais vraiment plu, Claude Monet cherche un lieu où lui et toute sa famille[notes 6] pourraient s’installer définitivement. Ses recherches le mènent à Giverny, près de Vernon en Normandie. Dans ce petit village, il trouve une « maison de paysan » au lieu-dit le Pressoir, bordée par un jardin potager et un verger, le Clos normand. L’ensemble clos de murs s’étend sur près d’un hectare. Son propriétaire, Louis-Joseph Singeot, consent à la louer et Monet et sa famille s’y installent le [84]. Locataire durant plusieurs années, Monet finira par acheter la maison et le jardin attenant en 1890 quand sa situation financière se sera améliorée.

Fin 1883, il se rend avec Renoir sur le littoral méditerranéen. Tous les deux, ils relient Marseille et Gênes, puis rendent visite à Cézanne à L’Estaque. Après un court retour à Giverny, Monet reprend seul, dès janvier 1884, la route du Sud. Il se rend cette fois à Bordighera et à Menton[85],[86]. Émerveillé par la nature et les paysages sauvages, Monet peint une quarantaine de toiles représentant les sites les plus pittoresques tels que les vallées de Sasso ou de la Nervia.

En novembre 1884, commence une longue amitié avec l’écrivain Octave Mirbeau, qui est désormais son chantre attitré et contribue à sa reconnaissance[87].

En 1885, à l’occasion d’un déplacement sur la côte normande, à Étretat, Monet conclut un accord avec le galeriste Georges Petit : désormais, celui-ci assure l’achat et la commercialisation d’une partie des œuvres du peintre. De ce fait, l’exclusivité dont bénéficiait Durand-Ruel jusqu’alors est rompue[88]. À la fin de l’année, Monet lui annonce son souhait de ne traiter qu’avec Petit. Par ailleurs, Monet, ne souhaitant pas dépendre totalement des galeristes, entretient et développe son réseau de collectionneurs[89].

En 1886, malgré la rupture entre les deux hommes, Paul Durand-Ruel ouvre les portes du marché américain à Monet en nouant des liens avec l’American Art Association (en): la reconnaissance officielle qu’il obtient outre-Atlantique a pour contrecoup de développer le marché de l’art impressionniste en France dans les années 1890.

Toujours la même année, Monet retourne aux Pays-Bas, sur invitation du baron d’Estournelles de Constant, secrétaire d’ambassade auprès de la Légation française à la Haye. Durant ce séjour, il découvre les champs de tulipes qu’il peint à plusieurs reprises (À Sassenheim, près de Haarlem, champ de tulipes ou Champ de tulipes en Hollande)[90]. En fin d’année, à la recherche de motifs originaux, il décide d’aller peindre à Belle-Île-en-Mer. Il y réalise une quarantaine de toiles dont les sujets majeurs sont les Aiguilles de Port-Coton (Les Pyramides de Port-Coton, mer sauvage), et la baie de Port Domois, en particulier la Roche Guibel[91]. Il y est interrogé par Gustave Geffroy, critique au journal la Justice, dirigé par Clemenceau. Il devient un des plus fervents admirateurs du peintre.

Début 1888, il retourne sur la Côte d’Azur, au château de La Pinède, à Antibes. Il y réalise une trentaine de toiles fortement inspirées par l’estampe japonaise. Dix d’entre elles sont vendues à Théo van Gogh et présentées, l’année suivante, à la galerie Boussod, Valadon et Cie où elles rencontrent un fort succès[92].

En février 1889, il se rend dans la Creuse chez Maurice Rollinat en compagnie de Geffroy et de quelques amis. Il rentre pour assister à l’inauguration de la quatrième exposition universelle parisienne où il expose trois toiles, puis retourne dans la Creuse, dès le mois de mars, seul cette fois. Durant ce séjour, il peint environ une vingtaine de toiles dont neuf ont pour motif le ravin de la Creuse[93].

En juin 1889, Auguste Rodin et Claude Monet exposent conjointement « Rien que vous et moi » dans la galerie parisienne de Georges Petit. Cette exposition réunit 145 peintures et 36 sculptures et bénéficie d’un catalogue où apparaissent une notice consacrée à Rodin par Geffroy et une consacrée à Monet par Mirbeau. Le peintre offre une véritable rétrospective de sa carrière allant de La Pointe de la Hève en 1864 jusqu’aux dernières toiles de 1889. Si les commentaires élogieux concernent davantage Rodin que Monet, et si ce dernier reste parfois contesté, l’exposition préfigure ses futurs succès[87],[94].

En 1889, Monet s’implique totalement dans l’obtention des souscriptions nécessaires à l’achat de l’Olympia de Manet et en fait don au Louvre. Les difficultés et les oppositions auxquelles il a dû faire face pour mener à bien cette transaction l’ont tenu éloigné longtemps de ses pinceaux : le retour à la peinture est donc des plus difficiles. C’est à cette occasion qu’il opère un tournant dans sa carrière en s’attelant aux séries[95],[96].

  • Mer agitée à Étretat, 1883.

    Mer agitée à Étretat, 1883.

  • Le Manneporte à Étretat, 1886.

    Le Manneporte à Étretat, 1886.

  • Étretat sous la pluie, 1886.

    Étretat sous la pluie, 1886.

  • Creuse, soleil couchant, 1889.

    Creuse, soleil couchant, 1889.

Le temps des séries[modifier | modifier le code]

Les Meules (1890-1891)[modifier | modifier le code]

L’année 1890 est une année charnière dans la vie de Monet. Les voyages de travail deviennent alors beaucoup plus rares. Il vient le temps des séries, genre pictural connu de son ami Boudin, et dont l’idée s’était imposée peu à peu avec les gares Saint-Lazare, puis par exemple en 1886 avec les deux Essais de figure en plein-air (la Femme à l’ombrelle tournée vers la droite et la Femme à l’ombrelle tournée vers la gauche), les Rochers de Belle-Île la même année et surtout La Petite Creuse en 1889, lors de son séjour à Fresselines. Cette période commence à proprement parler fin 1890 avec Les Meules, série composée de plus d’une vingtaine de versions. Ces imposants gerbiers de blé se trouvent proches de son domicile. Il a commencé à en peindre en 1888, mais l’année 1890 marque véritablement le début de la répétition inlassable du même motif à la recherche d’effets différents. Cet enracinement est confirmé par l’achat du clos de Giverny en automne 1890 pour 22 000 francs[97].

  • Meules, milieu du jour.

    Meules, milieu du jour.

  • Meules, soleil couchant.

    Meules, soleil couchant.

  • Meules, effet de neige, temps couvert.

    Meules, effet de neige, temps couvert.

Fin 1890, Ernest Hoschedé, malade, est alité. Alice, sûrement prise de remords, vient à son chevet. Il meurt le [98]. Monet achète, à la demande de ses beaux-enfants, une concession dans le cimetière de Giverny afin d’y inhumer Ernest Hoschedé[99].

À peine deux mois plus tard, le , une exposition consacrée à Monet ouvre ses portes dans la galerie parisienne de Durand-Ruel. Intitulée Œuvres récentes de Claude Monet, elle propose, entre autres, quinze toiles des Meules. Dans le catalogue, chacune de ces toiles porte le titre Meules, mais avec, à chaque fois, une précision temporelle. Les peintures ainsi que ce détail de présentation remportent un vif succès critique, notamment auprès des journalistes[100].

Les Peupliers[modifier | modifier le code]

En 1891, Monet suit le cours de l’Epte à la recherche d’un nouveau motif pouvant faire le sujet d’une série : Les Peupliers. Il y travaille de la fin du printemps à la fin de l’automne. Le , il paie le marchand de bois afin de retarder l’abattage de ces arbres qui se trouvaient à Limetz[101],[102].

Immédiatement terminée, cette série suscite l’intérêt des marchands et des galeristes : Maurice Jouant, achète, pour la galerie Boussod et Valadon, plusieurs toiles ; Durand-Ruel fait l’acquisition de sept d’entre elles pour 28 000 francs et crée une exposition uniquement consacrée à cette série[103].

  • Les peupliers, sous le soleil

    Les peupliers, sous le soleil

  • Les peupliers, dans le vent.

    Les peupliers, dans le vent.

  • Les Peupliers, trois arbres roses, automne.

Les Cathédrales de Rouen (1892-1895)[modifier | modifier le code]

En 1892, Monet cherche un nouveau sujet qui puisse faire l’objet d’une série et qui ne soit pas un élément naturel. Son choix se porte sur la cathédrale de Rouen. Ses premiers travaux, qu’il réalise depuis la maison de Fernand Lévy, située en face de la cathédrale, ne se déroulent pas comme il le souhaite. Lorsqu’il revient à Giverny en avril, mécontent, il refuse d’en montrer les résultats à quiconque, à l’exception de ses plus fidèles amis. Il passe le reste de l’année à reprendre l’ensemble de ses toiles dans son atelier. Il retourne à Rouen, le , et se positionne à deux endroits différents, mais toujours face à l’édifice et à différentes heures du jour[104].

La même année, Suzanne Hoschedé rencontre Theodore Butler, un peintre américain. Après un temps d’hésitation, les noces sont décidées. Monet profite de l’occasion pour épouser Alice le 16 juillet, Suzanne et Théodore se mariant le 20[105].

Le , à Giverny, il achète un terrain partiellement marécageux et traversé par un bras de rivière. Il est situé idéalement en face de la maison en contrebas du Chemin du Roy où passe une voie de chemin de fer, ce qui fera dire à Georges Clemenceau « et en plus, il a le train chez lui ! » Dans cette maison de Giverny, il procède à de nombreux aménagements et crée le jardin d’eau et fait creuser l’étang aux nymphéas. Il s’intéresse aussi de plus en plus au jardinage comme en témoigne sa visite au directeur du Jardin des plantes de Rouen[106].

Il achève les vingt-huit toiles qui composent la série des cathédrales en atelier en 1894. Comme les précédentes séries, les cathédrales sont vouées au succès et Monet le sait. C’est pour cela qu’il va faire jouer la concurrence entre les galeristes, en particulier entre Paul Durand-Ruel et Georges Petit. Ce stratagème lui permet ainsi d’obtenir les meilleures conditions d’exposition et une plus grosse somme d’argent pour la vente de ces toiles.

Pour la série des cathédrales, c’est Durand-Ruel qui obtient l’exclusivité de l’exposer, au prix non négligeable de 12 000 francs pour chacune des toiles. Cette exposition a lieu du 10 au et s’intitule Œuvres récentes[107],[notes 7]. Le succès est de nouveau au rendez-vous. Parmi les nombreuses critiques des journalistes, celle de Georges Clemenceau, titrée Révolution des Cathédrales, se distingue particulièrement par la pertinence et la justesse de son analyse[108],[109].

Enfin, il est à noter qu’au début de l’année 1895, c’est-à-dire avant l’exposition consacrée en partie aux cathédrales, Monet s’est rendu en Norvège, à Christiania. Il pose son chevalet notamment au lac Daeli, au mont Kolsaas, à Kirkerud ou encore à Sandviken. Il rapporte au total vingt-huit toiles qu’il ne retravaille quasiment pas, une fois revenu en France[110].

Les Matinées et le début des Nymphéas[modifier | modifier le code]

Les années 1896 et 1897 vont être beaucoup plus calmes pour Monet. En effet, il se consacre davantage à ses jardins de Giverny : d’une part en poursuivant leur aménagement et d’autre part, en commençant à les utiliser comme motif de ses toiles, ce qui dura jusqu’à la fin de sa vie. Par ailleurs, il ne voyage guère, excepté pour se rendre sur la côte normande, notamment à Pourville et Varengeville où il peint La Maison du pêcheur ou La Falaise à Varengeville[111].

À son retour, il se lance durant deux étés dans une nouvelle série, Les Matinées, réalisée tout près de chez lui, sur la Seine. La surface de l’eau du fleuve semble l’inspirer et lui offrir de nouvelles perspectives[112].

En 1897, Monet et sa femme voient Jean, le fils du premier, épouser Blanche, la fille de la seconde.

Dans l’affaire Dreyfus, Monet se range résolument du côté de Zola dès 1897 et lui exprime toute son admiration pour le J’accuse. Il signe notamment la pétition dite « manifeste des intellectuels » qui paraît dans le journal l’Aurore, mais refuse de s’engager dans un groupe de soutien[113].

En 1898, il apprend la mort de son ami d’adolescence, Eugène Boudin.

Le début de l’année 1899 est marqué par la mort de Suzanne à trente et un ans. Très affectée par cette disparition, Alice éprouve un chagrin dont elle ne se remettra jamais complètement[114]. D’ailleurs, à partir de ce moment, Monet, dans ses correspondances, apparaît plus soucieux de sa femme et de l’état de santé de celle-ci. Cette inquiétude le conduit à associer davantage Alice à ses voyages et à ses activités[115].

À la même période, il commence à peindre le pont japonais du bassin, prélude aux nymphéas. Il érige également un second atelier à côté de sa demeure[116].

  • Bras de Seine près de Giverny (1897)

    Bras de Seine près de Giverny (1897)

  • Matinée sur la Seine (1897)

    Matinée sur la Seine (1897)

  • Le Bassin aux Nymphéas, harmonie verte (1898)

    Le Bassin aux Nymphéas, harmonie verte (1898)

  • Nymphéas (1897-1898)

    Nymphéas (1897-1898)

  • Nymphéas (1897-1899)

    Nymphéas (1897-1899)

Voyages à Londres (1899-1904)[modifier | modifier le code]

À l’automne de 1899, il effectue, en compagnie de sa femme, le premier d’une série de trois voyages à Londres afin de rendre visite à son fils Michel qui y vit depuis le printemps. Lors de ces trois séjours qui s’étalent de 1899 à 1901, il peint une série consacrée au Parlement de Londres et dont le thème récurrent est le brouillard sur la Tamise. La réalisation de cette série se poursuit par un travail de retouches en atelier jusqu’en 1904. La série Vues de la Tamise à Londres- 1900 à 1904 est exposée en mai et juin 1904 et constitue le plus grand triomphe de la carrière du peintre jusqu’alors[117].

  • Le Parlement, coucher de soleil.

    Le Parlement, coucher de soleil.

  • Le Parlement, reflets sur la Tamise.

    Le Parlement, reflets sur la Tamise.

  • Le Parlement, soleil couchant.

    Le Parlement, soleil couchant.

  • Charing Cross Bridge.

    Charing Cross Bridge.

  • Waterloo Bridge.

    Waterloo Bridge.

En 1900, les impressionnistes sont exposés à l’exposition universelle de Paris, signe de reconnaissance officielle. Leurs toiles, dont deux de Monet, sont placées dans le Grand Palais dans le cadre de l’exposition Centennale[118].

Il peint en 1901 Leicester Square, la nuit.

En 1902, Germaine Hoschedé, puis, en 1903, Jean-Pierre Hoschedé, se marient, quittant le foyer familial et plongeant Alice dans une profonde mélancolie[119]. Grâce à l’acquisition, quelques années plus tôt, d’une Panhard-Levassor[120], Monet emmène sa femme, en 1904, à Madrid, puis à Tolède, dans le but de lui redonner la joie de vivre. Durant ce séjour de trois semaines, le peintre admire les œuvres de Velasquez et du Greco[121].

En 1904, du 9 mai au 4 juin, Monet expose chez Durand-Ruel. Il présente trente-sept Vues de la Tamise à Londres[122]. Malgré un succès indéniable, des voix critiques, plus réceptives aux formes géométriques imposées par Cézanne, se manifestent, rejetant la dissolution des formes dont fait preuve Monet dans ses toiles[123].

Les Nymphéas[modifier | modifier le code]

Après Londres, Monet peint surtout la nature contrôlée : son propre jardin, ses nymphéas, son étang et son pont. Du 22 novembre au 15 décembre 1900, une nouvelle exposition qui lui est consacrée se tient à la galerie Durand-Ruel. Une dizaine de versions du Bassin aux nymphéas y est présentée. Cette même exposition est organisée, en février 1901, à New York, où elle remporte un vif succès[124].

En 1901, Monet fait agrandir l’étang de sa demeure en rachetant une prairie située de l’autre côté de la Ru, le cours d’eau local. Il partage alors son temps entre travail sur nature et travail dans son atelier[125],[126].

Les toiles consacrées aux nymphéas évoluent au gré des transformations du jardin. De plus, Monet en modifie peu à peu l’esthétisme en abandonnant, vers 1905, tout repère de limite au plan d’eau et donc de perspective. Il fait également évoluer la forme et la taille de ses toiles en passant de supports rectangulaires à des supports carrés puis circulaires[127].

Toutefois, il est important de remarquer que ces toiles sont créées avec beaucoup de difficultés : Monet, en effet, passe du temps à les reprendre afin de trouver l’effet et l’impression parfaits et, quand il n’y parvient pas, n’hésite pas à les détruire. Il repousse sans cesse l’exposition de Durand-Ruel qui doit les présenter au public[128]. Après plusieurs reports depuis 1906, l’exposition, nommée Les Nymphéas, séries de paysages d’eau, finit par ouvrir le . Comprenant quarante-huit toiles datées de 1903 à 1908, cette exposition est de nouveau un succès[129].

  • Nymphéas, 1904.

    Nymphéas, 1904.

  • Nymphéas, 1904

    Nymphéas, 1904

  • Nymphéas, 1906.

    Nymphéas, 1906.

  • Nymphéas, 1907.

    Nymphéas, 1907.

Venise[modifier | modifier le code]

À l’automne 1908, Monet et sa femme séjournent à Venise, au Palazzo Barbaro, au sein d’une élite passionnée d’art. En cette si bonne compagnie, le peintre se trouve souvent distrait et éprouve les plus grandes difficultés à travailler. Durant le mois que dure ce séjour, il ne réalise que quelques ébauches. Par conséquent, il y effectue, un an plus tard, un second séjour et réalise, cette fois, de nombreux tableaux qu’il reprendra dans son atelier[130]. Ils ne seront finalement livrés qu’en 1912 et exposés chez les frères Bernheim-Jeune[121].

  • Palazzo da Mula.

    Palazzo da Mula.

  • Le Palais ducal.

    Le Palais ducal.

  • Le Grand Canal.

    Le Grand Canal.

  • Saint-Georges Majeur au crépuscule.

    Saint-Georges Majeur au crépuscule.

Malgré le succès, le début de l’année 1909 est difficile. En effet, Alice est tombée malade en rentrant de Venise et passe tout le mois de janvier alitée. Les mois passent sans que son état s’améliore significativement ; elle meurt le [131].

Cataracte et grandes décorations[modifier | modifier le code]

Monet traverse alors une période difficile durant laquelle sa santé devient plus fébrile et au cours de laquelle il alterne les moments euphoriques et de découragement complet. Il consacre son temps aux toiles de Venise et, malgré les réticences liées à la qualité de son travail, en expose vingt-neuf à la galerie Bernheim, du 28 mai au 8 juin 1912. Devant le succès rencontré, l’exposition est prolongée[132].

En 1912, une double cataracte est diagnostiquée chez le peintre, dont les premiers signes auraient apparu lors du voyage à Venise en 1908[133]. En 1914, il a la douleur de perdre son fils Jean des suites d’une longue maladie[Laquelle ?][134],[135].

C’est à cette période que germe l’idée de réaliser un ensemble de panneaux décoratifs sur le thème des Nymphéas. Monet, encouragé par Clemenceau, retrouve l’envie de travailler en pleine Guerre mondiale. Afin de parvenir à ses fins, il fait construire pendant l’été 1915 un vaste atelier conçu spécialement pour accueillir ces grandes toiles. Il imagine d’abord les présenter dans une salle circulaire (forme de présentation envisagée depuis au moins mai 1909[136]), puis abandonne l’idée au profit d’une salle elliptique. Ce projet l’occupe jusqu’à la fin de sa vie.

  • Grande décoration, entre 1914 et 1926.

    Grande décoration, entre 1914 et 1926.

En novembre 1918, il offre à Clemenceau deux panneaux décoratifs qu’il a signés le 11, jour de l’armistice et de la fin de la Première Guerre mondiale. C’est, selon le peintre, la seule manière qu’il ait de prendre part à la victoire[137].

En novembre 1919, Clemenceau lui conseille de se faire opérer des yeux[138].

  • Claude Monet dans son jardin vers 1917, autochrome de Clémentel

    Claude Monet dans son jardin vers 1917, autochrome de Clémentel

En décembre de cette même année, il perd son ami Pierre-Auguste Renoir.

Monet est devenu entre-temps une personnalité respectée de tous. Son 80e anniversaire, en 1920, prend ainsi une allure d’événement national que le Président du Conseil des ministres Georges Leygues se propose d’honorer de sa présence, en vain[138].

En avril 1922, un acte notarié est signé pour le don de dix-neuf panneaux qui devront être livrés dans les deux ans qui suivent. Un décret paraît également au Journal officiel du 23 juin de la même année pour signaler le don[139].

Peu de temps après, la vue du peintre se dégrade de nouveau. Bien que ses proches et Clemenceau l’exhortent à se faire opérer, Monet refuse. En mai, il ne peut presque plus travailler. Tous ses essais pour commencer une nouvelle toile se soldent par un échec[139].

Après de longues tergiversations, Monet finit par accepter avec réticence l’opération de l’œil droit réalisée par le docteur Charles Coutela le . Après deux autres opérations réussies, Monet voit certes mieux mais sa perception des couleurs est altérée. En plus du port de lunettes, l’opération de l’œil gauche est préconisée, mais Monet la refuse catégoriquement.

À cette période, il retouche sans aucun répit les grandes décorations. L’échéance approchant, il pense, à plusieurs reprises, ne pas pouvoir la respecter et revient sur sa parole de donation. Mais Clemenceau veille et n’hésite pas à se quereller avec son ami[140],[141].

Le pont japonais entre 1920 et 1922, The Museum of Modern Art, New York.

Pour l’installation des grandes décorations, plusieurs possibilités sont étudiées. On pense d’abord les exposer à l’hôtel Biron, où l’architecte Paul Léon doit réaliser une nouvelle construction spéciale dans les jardins, mais finalement la décision est prise en mars 1921 de les exposer à l’Orangerie. L’architecture revient alors à Camille Lefèvre[142].

Monet obtient, malgré les réticences de Clemenceau, un délai supplémentaire d’un an pour la livraison des panneaux. Par ailleurs, le peintre fait régulièrement évoluer son œuvre, obligeant l’architecte à revoir sans cesse l’installation prévue pour l’exposition[141].

C’est à cette période qu’il peint certains des tableaux de la série du Pont japonais, qui choque le goût de l’époque.

Affaibli par un travail incessant, Monet contracte une infection pulmonaire qui le cloue au lit en 1926. Atteint d’un cancer du poumon[143], il meurt le 5 décembre vers une heure de l’après-midi[144].

Les dix-neuf panneaux sont remis par son fils, Michel, à la direction des Beaux-Arts. Camille Lefèvre termine l’installation des deux salles elliptiques sous la supervision de Clemenceau. L’exposition ouvre ses portes le sous le nom de musée Claude Monet[145].

Funérailles[modifier | modifier le code]

Tombe de Claude Monet, de sa famille et de proches, cimetière de l’église Sainte-Radegonde de Giverny.
Plaque funéraire.

Lors de l’enterrement, Clemenceau dans un geste élégant enleva le drap funéraire recouvrant le cercueil de son ami, s’écriant : « Non ! Pas de noir pour Monet ! Le noir n’est pas une couleur ! »[146], lui substituant une « cretonne ancienne aux couleurs des pervenches, des myosotis et des hortensias »[147],[notes 8]. Puis Clemenceau suivit le convoi vers le cimetière de l’église Sainte-Radegonde de Giverny où Monet fut enterré, et s’écroula en pleurs[148].

Les grandes décorations sont installées à l’Orangerie au cours des premiers mois de 1927. Son fils Michel hérite de l’intégralité des propriétés de Claude. En 1966, quand il se tue dans un accident de voiture, ses toiles reviennent à son légataire universel : le musée Marmottan[149].

Famille[modifier | modifier le code]

La famille Monet-Hoschedé fête le mariage de Marthe Hoschedé et de Théodore Butler. Le fils d’Alfred Sisley, Pierre est assis par terre à droite ; sa sœur Jeanne Sisley est debout derrière lui ; Monet est sur les marches à gauche. Giverny, .

Claude Monet épouse en premières noces le , à Paris, Camille Doncieux (1847-1879), avec laquelle il a deux enfants :

  • Jean Monet (1867-1914), épouse en 1897 Blanche Hoschedé, sans postérité ;
  • Michel Monet (1878-1966), sans postérité.

Claude Monet n’a donc aucune postérité.

Il épouse en secondes noces le Alice Hoschedé (1844-1911), qui a six enfants de son premier mariage avec Ernest Hoschedé ; ces six enfants ne sont pas de Claude Monet (sauf peut-être le dernier, Jean-Pierre), mais il les élève :

  • Marthe Hoschedé (1864-1925), épouse en 1900 Theodore Earl Butler (1861-1936), sans postérité ;
  • Blanche Hoschedé (1865-1947), épouse en 1897 Jean Monet (1867-1914), sans postérité ;
  • Suzanne Hoschedé (1868-1899), épouse en 1892 Theodore Earl Butler (1861-1936), deux enfants ;
  • Jacques Hoschedé (1869-1941), épouse en 1896 une Norvégienne, Inga, née Jürgensen[150],[151],[152] ;
  • Germaine Hoschedé (1873-1968), épouse en 1902 Albert Salerou, et postérité: dont Simone Salerou épouse Piguet, mère du critique d’art Philippe Piguet[153]
  • Jean-Pierre Hoschedé (1877-1960), parfois indiqué comme étant le fils naturel de Claude Monet. Il épouse en 1903 Geneviève Costaddau dont il a un fils : Maurice Hoschedé (1919-1977) dans la descendance duquel figure notamment l’animatrice de télévision Dorothée (1953).

Résidences de Monet[modifier | modifier le code]

Lieux où Claude Monet a vécu et peint (manquent l’Algérie, Oslo et Venise).

Claude Monet a déménagé à de nombreuses reprises avant de s’installer définitivement à Giverny. La carte ci-contre présente les principaux lieux :

  1. Paris : 1840-1845, 1859-avril 1861, automne 1862-mai 1867, automne 1871-mai 1874, début 1878 ;
  2. Le Havre : 1845-1859, puis nombreux séjours dans les environs par exemple en 1867, 1868, 1874, 1881-1886, 1896 ;
  3. Algérie, Mustapha : avril 1861-été 1862 ;
  4. Londres : automne 1870-mai 1871, puis trois séjours prolongés entre 1899 et 1901 ;
  5. Pays-Bas : Zaandam (juin 1871-automne 1871), puis un séjour en hiver 1874, puis séjour à La Haye en 1886 ;
  6. Argenteuil : (voir 1) décembre 1871-janvier 1878 ;
  7. Vétheuil : août 1878-novembre 1881 ;
  8. Poissy : décembre 1881-avril 1883 ;
  9. Giverny : (voir 7) avril 1883-sa mort.

Par ailleurs, Monet a beaucoup voyagé pour peindre. Outre les séjours dans sa famille au Havre et dans ses environs, il a peint à :

  1. Rouen : 1871, 1880, 1892 et 1893 ;
  2. Bordighera : janvier-avril 1884, puis Antibes en 1888 ;
  3. Belle-Île-en-Mer : 1886 ;
  4. La Creuse : 1889 ;
  5. Oslo : 1895 ;
  6. Venise : 1908.

Monet se rend également à Madrid, en 1904, mais n’y peint pas[154].

Listes des adresses et séjours de Monet

Adresse Ville Date d’arrivée Date de départ Remarques
45, rue Laffitte[6] Paris 14 novembre 1840 environ 1845 Naissance
30, rue Epréménil[6] Le Havre environ 1845 avril 1859 Domicile parental
35, rue Rodier[13] Paris fin mai-début juin 1859[155] février 1860
18, rue Pigalle[13] Paris février 1860 29 avril 1861
Service militaire en Algérie Mustapha 29 avril 1861 été 1862[16] Retour à cause de maladie
94, rue du Bac[156] Paris automne 1862 Incertain
20, rue Mazarine[23] Paris au plus tard mars 1864 décembre 1864 Avec un atelier
Séjour sur la côte normande et notamment à la ferme Saint-Siméon[23] Honfleur mi-mai 1864 fin 1864
6, rue de Furstemberg[23] Paris décembre 1864 15 janvier 1866 Loué par Frédéric Bazille avec atelier
Séjour à Fontainebleau au Cheval-Blanc puis au Lion d’Or[27] Fontainebleau courant 1865 automne 1865
1, place Pigalle[27] Paris 15 janvier 1866 mi avril 1866
Chemin des Closeaux[27] Ville-d’Avray mi avril 1866 hiver 1866
Séjour sur la côte normande, hôtel Cheval-Blanc[157] Honfleur été 1866 hiver 1866
20, rue Visconti[157] Paris hiver 1866 mai-juin 1867 Chez Frédéric Bazille avec Renoir également
Chez son père[157] Sainte-Adresse mai-juin 1867 1er mars 1868
Auberge de Gloton[35] Bennecourt printemps 1868 fin juin 1868
Chez son père[32] Sainte-Adresse fin juin 1868 octobre 1868
Château des Ardennes-Saint-Louis[32] Montivilliers octobre 1868 fin 1868 Chez M. Gaudibert
13, rue Fontenelle[32] Le Havre et Étretat fin 1868 juin 1869
Hameau Saint-Michel[32] Bougival juin 1869 début été 1870 Renoir est souvent présent
Hôtel Tivoli[158] Trouville début été 1870 automne 1870
II, Arundel Street[159] Londres automne 1870 janvier 1871
I, Bath Place[159] West Kensington janvier 1871 fin mai 1871
Hôtel de Beurs[160] Zaandam 2 juin 1871 automne 1871
Hôtel de Londres et de New York[161] Paris automne 1871 fin décembre 1871
8, rue de l’Isly[161] Paris automne 1871 fin mai 1874 Ancien atelier de peinture d’Amand Gautier, loyer annuel 450 francs
Maison Aubry[50] Argenteuil fin décembre 1871 18 juin 1874 Loyer annuel de 1 000 francs
Séjour à Rouen[162] Rouen mars 1871 mars 1871
Séjour au Havre[55] Le Havre janvier 1874
Séjour à Amsterdam[55] Amsterdam fin hiver 1874
Pavillon[163] Argenteuil 18 juin 1874 janvier 1878 Loyer annuel de 1 400 francs
Travail au château de Rottembourg[164] Montgeron août ou septembre 1876 décembre 1876
17, rue Moncey[164] Paris janvier 1877 Pour peindre la gare Saint-Lazare, payé par Caillebotte
26, rue d’Édimbourg[73] Paris janvier 1878 août 1878 Loyer de 1 360 francs par an
Route de Mantes[74] Vétheuil août 1878
Maison de Mme Elliott[74] Vétheuil novembre 1881 Loyer de 600 francs par an, date de départ incertaine
20, rue de Vintimille[74] Paris Pour traiter ses affaires à Paris, au nom de Caillebotte jusqu’en avril 1880
Séjour au Havre puis Rouen[80] Le Havre mi-septembre 1880
Séjour à Fécamp[80] Fécamp
Séjour à Trouville et Saint-Adresse[80] Trouville-sur-Mer fin août 1881
Villa Saint-Louis[80] Poissy
Séjour à Dieppe, hôtel Victoria, puis Pourville[80] Dieppe début 1882 début 1882
Séjour à Pourville et Varengeville[83] Pourville début avril 1882
Villa Juliette[83] Pourville Avec Alice et les enfants
Séjour au Havre puis Étretat, hôtel Blanquet[83] Le Havre, Étretat
Maison de Giverny[85] Giverny Sa mort Loué à Louis-Joseph Singeot
Séjour à Bordighera[85] Bordighera fin 1883, puis 17 janvier 1884 D’abord avec Renoir puis seul
Séjour sur la côte normande[87] Étretat août 1884 août 1884
Séjour sur la côte normande, dans la maison de Faure, puis hôtel Blanquet[87] Étretat été 1885 mi décembre 1885 Alice et les enfants restent jusqu’au 10 octobre, rencontre avec Maupassant
Séjour sur la côte normande[87] Étretat janvier 1886 mars 1886
Séjour chez le baron d’Estournelles de Constant[87] La Haye 6 mai
Séjour à Belle-Île-en-Mer[87] Belle-Île-en-Mer Passage de Gustave Geoffrey, puis Mirbeau
Séjour à Londres[87] Londres mi 1887 12 jours Rend visite à Whistler
Séjour sur la côte d’azur, château de la Pinède[87] Antibes début 1888
Séjour à Londres[87] Londres juillet 1988 Visite à Sargent
Séjour dans la Creuse[87] Fresselines mi-février 1889 fin février 1889 Chez Maurice Rollinat
Séjour dans la Creuse[87] Fresselines 6 mars 1889 mi mai 1889 Chez Maurice Rollinat
Séjour à Londres[165] Londres Fin 1891 Fin 1891 Passage chez Whistler et présentation devant le club de Chelsea
Séjour à Rouen, hôtel d’Angleterre[166] Rouen début février 1892 mi-avril 1892 Visite à son frère Léon
Séjour à Rouen, hôtel d’Angleterre[106] Rouen début 1893
Séjour à Christiana, puis à Björnegaard près de Sandviken[108] Oslo fin janvier 1895 Visite à Jacques Hoschedé, rencontre avec Eugène de Suède
Séjour à Pourville[167] Pourville mi-février 1896 début avril 1896
Séjour à Londres, hôtel Savoy[168] Londres automne 1899 25 octobre 1899
Séjour à Londres, hôtel Savoy[169] Londres début 1900 5 avril 1900 Contacts avec les Hunter
Séjour à Londres, hôtel Savoy[170] Londres début février 1901 mars 1901 Contacts avec les Hunter
Séjour à Vétheuil[171] été 1901 été 1901
Séjour à Madrid[121] Madrid 14 octobre 1904 début novembre Monet voit les Velasquez et le Greco
Séjour à Venise, au Palazzo Bardoro, puis grand Grand Hôtel Britannia[121] Venise 25 septembre 1908 7 décembre 1908 Avec Alice et les Hunter chez Daniel Curtis
Séjour en Suisse Saint-Moritz[138] mi-février mi-février Avec Michel et les enfants Butler

Méthodes de travail[modifier | modifier le code]

Travailler sur nature[modifier | modifier le code]

Claude Monet devant Les Nymphéas, dans son jardin à Giverny.

Monet laisse se répandre l’idée qu’il ne peint que sur nature. Ainsi en avril 1880 devant un journaliste lui demande à voir son atelier il s’exclame : « Mon atelier ! Mais je n’ai jamais eu d’atelier, moi, je ne comprends pas qu’on s’enferme dans une chambre. Pour dessiner, oui : pour peindre, non ». Il désigne ensuite la Seine, les collines et Vétheuil et dit : « Voilà mon atelier à moi[78] ! »

Daniel Wildenstein tient à rétablir la vérité : Monet a bel et bien terminé de nombreuses de ses toiles en atelier, du Déjeuner sur l’herbe[27] en passant par Les Glaçons[78], puis toutes les Cathédrales[108], les vues de Londres, de Venise et les Nymphéas. La construction d’ateliers en 1899[116] et 1915, attestée par des photographies et les permis de construire, ne viennent que confirmer l’évidence[138].

Certes, Monet ne travaille pas de mémoire, il utilise en fait les autres toiles d’une série pour se remémorer le motif en atelier. Il semble qu’il utilise aussi parfois des photographies, comme pour finir les toiles de Londres[121].

Un travailleur courageux et exigeant[modifier | modifier le code]

Monet est très travailleur, il travaille souvent « comme un forcené », ou avec une « ardeur décuplée[83] » et en plein air par tous les temps, étonnant par son endurance[172]. À Étretat, il n’hésite pas à s’aventurer avec tout son matériel dans le sentier de la valleuse de Jambourg qui descend du sommet des falaises à leurs pieds pour peindre sous un meilleur angle et, à Belle-Île, il fait fi de la tempête pour aller travailler[87].

Souvent ce mode de travail l’exténue, et Monet connaît des alternances de périodes très assidues avec des périodes de démoralisation, où il pense « tout planter là[80],[87],[83] ». Il profite en général de la période hivernale pour se reposer[138].

Monet est en outre un éternel insatisfait. À propos des Meules, il déclare : « Plus je vais, plus je vois qu’il faut beaucoup travailler pour rendre ce que je cherche[97] ». Monet gratte ou détruit parfois ses toiles. Ainsi en revenant dans le pays de Caux après un séjour à Paris début 1882, il gratte deux toiles[83]. Particulièrement à la fin de sa carrière, il détruit de nombreuses toiles : trente en 1907. Il explique : « Je dois veiller à ma réputation d’artiste pendant que je le puis. Lorsque je serai mort, personne ne détruira un seul de mes tableaux, quelque mauvais soit-il[121] ». Dans cette logique, peu avant sa mort, il fait détruire par sa belle-fille Blanche de nombreux tableaux[144].

Vers la fin de sa vie son emploi du temps devient très réglé, comme à Londres[173]. En 1908, la journée estivale est divisée comme suit : la matinée et début de l’après-midi séparés par le déjeuner sont occupés par le travail, ainsi que la fin de journée. De trois à cinq voire six heures, Monet effectue une pause où il reçoit ses invités. La fermeture des nénuphars est la cause de cette interruption. Le travail au soir permet de capter des effets de fin de jour[121].

Jardinier[modifier | modifier le code]

Début 1893, la construction du bassin aux nymphéas correspond à un accroissement de l’intérêt de Monet pour le jardinage. Ainsi, il rend visite à M. Varenne, directeur du jardin des plantes de Rouen. Il achète également de nombreuses plantes aux jardiniers de Rouen[108]. Monet est assurément plus homme des champs qu’intellectuel[174]. À propos du jardinage, Monet déclare : « Qu’y a-t-il à dire de moi ? Que peut-il y avoir à dire, je vous le demande, d’un homme que rien au monde n’intéresse que sa peinture — et aussi son jardin et ses fleurs[175] ».

Avec son ami peintre et grand mécène, Gustave Caillebotte, Monet partage la passion du jardinage[176],[177].

Méthodes de peinture[modifier | modifier le code]

Étude au pastel de la falaise d’Étretat aval, vers 1885. National Gallery of Scotland. Un exemple de travail préparatoire de Monet.

Monet n’aurait, d’après certains de ses admirateurs[réf. souhaitée], pas eu recours aux croquis ni aux aquarelles, ce qui semble bien erroné puisque de nombreux carnets de croquis et de dessins préparatoires sont présentés sur le site du musée Marmottan pour la série de la « Gare St Lazare », sur la Base-Joconde des musées de France pour la série « Étretat » ou des barques et bateaux, ou encore le Sterling and Francine Clark Art Institute de Williamstown qui ont présenté dessins et pastels préparatoires[notes 9]. Monet utilise également la photographie qu’il pratique, pour les séries sur Londres et Venise[réf. nécessaire]. Pour le peintre, le premier contact avec le motif revêt une importance primordiale. Il prend le pinceau en main. « Il commence brusquement à couvrir [une toile blanche] de plaques de couleurs qui correspondent aux taches colorés que lui donne la scène naturelle entrevue ». Dès la première séance, la toile doit être couverte autant que possible sur son étendue. Sur une toile ébauchée, Monet peint à « pleine pâte, sans mélange, avec quatre ou cinq couleurs franches, en juxtaposant ou superposant les tons crus[87] ». Monet renonce d’ailleurs aux bases sombres dès 1865[157]. Ainsi, une étude à laquelle Monet a travaillé une fois est revêtue de traits épais d’environ un demi centimètre et distants l’un de l’autre de deux centimètres, lesquels sont destinés à fixer l’aspect de l’ensemble. Le lendemain, revenu sur les lieux, il ajoute à la première esquisse et les détails s’accentuent, les contours se précisent. Ainsi, sur une toile qui a bénéficié de deux séances, les traits sont nettement plus rapprochés et le sujet commence à prendre forme. Un tableau doit être poussé aussi loin que l’artiste le juge nécessaire, lui seul pouvant déterminer le moment à partir duquel il est impossible d’aller plus loin. Il accorde aussi beaucoup d’importance aux détails[95],[78].

Ses tableaux comme Le Bassin aux nymphéas, harmonie verte, ou harmonie rose révèlent plus de 70 000 touches par mètre carré[178].

La recherche des effets[modifier | modifier le code]

À partir du temps de séries, Monet recherche les effets dans ses toiles. Il travaille sur plusieurs toiles en parallèle. Déjà en 1885, Maupassant note que « il allait, suivi d’enfants qui portaient ses toiles, cinq ou six toiles représentant le même sujet à des heures diverses et avec des effets différents. Il les prenait et les quittait tour à tour, suivant les changements du ciel[87]. » Il ne travaille que quand il a son effet[97]. Cette méthode se développe avec le temps. Pour les vues de Londres il peint sur plus de quinze toiles en parallèle, les vingt-deux toiles des Grandes décorations sont peintes aussi en même temps[179].

Style[modifier | modifier le code]

Influences[modifier | modifier le code]

Des autres peintres[modifier | modifier le code]

Boudin est la première influence de Monet en l’initiant aux paysages[9]. Son ami Johan Barthold Jongkind a certainement également influencé ses premières années[16]. Charles Gleyre lui enseigne par la suite la peinture de manière structurée[18]. Les membres du groupe des impressionnistes constitué de Pierre-Auguste Renoir, Alfred Sisley et Camille Pissarro s’influencent sans aucun doute mutuellement, comme c’était le cas avec son camarade Frédéric Bazille auparavant[180]. On sait également, que Claude Monet appréciait le travail d’Eugène Delacroix[23]. Lors de son voyage à Londres, il va voir les œuvres de Turner et John Constable qui l’ont certainement marqué[159]. Édouard Manet échange aussi avec Monet lors de son séjour à Argenteuil[95].

Japonaises[modifier | modifier le code]

La Japonaise, 1875, museum of Fine Arts, Boston

La peinture de Monet est influencée par l’art japonais. Il porte ainsi un intérêt particulier aux estampes peintes par Hiroshige et Hokusai[52]. Il réalise d’ailleurs La Japonaise en 1875, un tableau dont la facture tranche diamétralement avec ses autres œuvres[60]. Le , Monet se rend à une exposition organisée par Durand-Ruel : elle est consacrée aux estampes d’Outamaro et de Hiroshige. Ce rendez-vous revêt pour lui une grande importance car il s’accorde parfaitement avec son cheminement artistique à la même époque[106]. Sa salle à manger de Giverny est par ailleurs décorée avec des estampes japonaises[108]. Enfin, une autre série de peintures qui dénote l’influence du Japon sur son art est paradoxalement celle ayant pour sujet des paysages norvégiens, notamment avec des vues du pont de Løkke, puisque ce coin de Sandviken lui faisait penser à « un village japonais ». Le mont Kolsås lui faisait en fait « songer au Fujiyama[108] ».

Synthèse de son style[modifier | modifier le code]

Monet désirait saisir le réel dans « la mobilité de ses lumières changeantes ». Son intérêt se porte sur les effets de lumière qui changent suivant les heures et les saisons. L’évolution de l’industrie donnera à Monet un nouvel essor pour ses paysages, c’est à travers l’urbanisation que le genre se renouvellera. Par exemple, il peint en 1877 La Gare Saint-Lazare. À cette époque, ces lieux étaient considérés comme utiles et sans valeur esthétique. Monet s’exerce à représenter aussi bien des paysages que des portraits. Toutefois il reste dans l’optique de montrer la lumière et de restituer les sensations premières. Pour ce faire, il réfléchit à la mise en scène qui pourrait représenter au mieux la mouvance de la lumière. La répétition du motif n’est qu’un prétexte pour le peintre, l’objet représenté importe bien moins que l’évolution du sujet au cours des heures.

Monet et l’argent[modifier | modifier le code]

Claude Monet a eu un début de carrière difficile sur le plan financier. Si les premières années sa tante Lecadre lui vient en aide, dès 1864, il doit demander de l’aide à Bazille. Monet commence alors à accumuler les dettes, ne serait-ce que pour acheter son matériel de peinture[23]. Monsieur Gaudibert par ses commandes lui vient en aide notamment en 1868[32]. L’arrivée à Argenteuil fin 1871, marque le début d’une situation financière meilleure, causée par l’héritage de son père et la dot de sa femme[52]. Toutefois l’arrêt des achats de Durand-Ruel en 1874 correspond à un retour des soucis d’ordre pécuniaire. Rapidement le loyer devient un problème, les dettes s’accumulent[163]. Il doit sa survie à l’aide de Manet[163], du docteur Bellio, de Gustave Caillebotte et d’Ernest Hoschedé[181].

Malgré ses difficultés financières, Monet est assez dépensier. À Argenteuil, il dispose ainsi de deux domestiques auxquels s’ajoute un jardinier. Il consomme également abondamment du vin. Enfin, une somme de 240 francs à Pleyel et Wolff pourrait représenter l’acquisition d’un instrument de musique ou la location d’un piano[182]. En arrivant à Vétheuil, les Hoschédés gardent leurs domestiques malgré leur faillite[74].

Monet a l’habitude de faire patienter ses créanciers. Par conséquent, des huissiers viennent souvent lui rendre visite, parfois pour des dettes contractées plusieurs années avant[183]. Ainsi en 1885, il est menacé de saisie pour une affaire jugée en 1875[87].

Paul Durand-Ruel par Renoir.

En 1879, il dépend quasiment intégralement des aides de Caillebotte pour sa survie. Pourtant, les Hoschedé continuent à avoir des domestiques[74]. À Vétheuil également les créanciers défilent[78]. En 1881, malgré la progression des revenus, Monet ne peut s’acquitter de son loyer et cumule en décembre 2 962 francs[80]. En 1887, il possède des actions, ce qui indique qu’il épargne[87]. En 1890, il achète la maison de Giverny et, l’année suivante, il prête de l’argent à Pisarro, les dures années sont derrière lui[97].

Par la suite, il connaît un certain embourgeoisement avec notamment l’achat d’une voiture[121]. Durand-Ruel résume en déclarant que « Monet fut toujours un jouisseur[138] ».

Monet n’est pas toujours très généreux. Ainsi, à Bordighera, alors que son hôte M. Moreno l’invite dans les jardins de sa villa, les jardins Moreno, assume les frais de chemin de fer et paie le restaurant, Monet lui offre en échange… une pomme[85]. Il ne se montre pas plus généreux envers Rollinat ou E. Mauquit qui l’accueillent respectivement dans la Creuse et à Rouen[184]. Ses amis Boudin ou Pissaro ne sont pas mieux lotis[185].

Ce n’est qu’à partir de 1910 qu’il semble détendre les cordons de sa bourse. Cette année-là, non seulement il offre une Tamise à Charing Cross pour les sinistrés de l’inondation, mais, en plus, il vend à la ville du Havre trois tableaux pour 3 000 francs[131]. La donation de grandes décorations à l’État confirme ce changement de mentalité chez le peintre[138].

Chiffre d’affaires de Claude Monet par année

Année Somme (francs) Remarques
1857 et 1858 2 000[13] Portraits à charge au Havre
1872 12 100[186] 9 800 francs proviennent des seuls achats de Durand-Ruel
1873 24 800[52] Surtout Durand-Ruel (au moins 12 100 francs)
1874 10 554[163] Principaux clients : Faure et Hoschedé
1875 9 765[187] Environ 15 clients directs
1876 12 313[188] Dont 2020 pour La Japonaise. Le Dr de Bellio fait son premier achat.
1877 15 197[189]
1878 12 500[80]
1879 12 285[80]
1880 13 938[80]
1881 20 400[80] Reprise des achats de Durand-Ruel, quasi-exclusivité
1882 >24 700[83] Durand-Ruel, quasi-exclusivité, mention de Petit également
1883-1891 mal connu Augmentation progressive des gains, acheteurs : Durand-Ruel, Theo Van Gogh, Petit, Boussod et Valadon
1892 >100 000[105] Somme de Durand-Ruel et Boussod
1898 173 500[190]
1899 227 400[190]
1900 213 000[170]
1901 127 500[125]
1902 105 000[191]
1903 0[191]
1904 271 000[192]
1912 369 000[134] Durand-Ruel et Bernheim

Caractère[modifier | modifier le code]

Le caractère de Monet n’est pas toujours facile. Il a ainsi une certaine réputation de sauvagerie[154], Clemenceau le nomme son « vieux hérisson sinistre[193] ». Claude Monet est certes capable d’élans généreux comme de colères brutales, mais il préfère aux positions extrêmes la solution de compromis et d’équilibre. C’est, en somme, un conciliateur, un modéré qui laisse de propos délibéré les attitudes héroïques à d’autres[194].

Il est un peu ingrat. Ainsi, lors de ses premières participations au salon en 1865 et 1866, Monet ne déclare pas Gleyre comme étant son maître, alors que cela est recommandé. Pourtant le vieil homme, membre du jury en 1866, n’a pas la dent dure et défend le premier[27]. La principale victime de ce trait de caractère est, sans conteste, Durand-Ruel qui, alors qu’il l’a fait vivre pendant de nombreuses années, se voit souvent concurrencer par d’autres marchands d’art, comme Georges Petit, fin 1885 ou en 1888. Durand-Ruel a beau n’être nullement rancunier et faire mille preuves de dévouement[87],[173], cela ne l’empêche pas de recevoir un mandat de 75 francs en 1897[195].

Il aimait la bonne table, ses carnets de recettes ont été publiés en 1989[196]. Il appréciait en particulier les œufs Orsini[197].

Liste de ses principaux tableaux[modifier | modifier le code]

  • 1858 : Caricature, dessin au crayon noir (musée Albert-André, Bagnols-sur-Cèze).
  • 1859 : Camille.
  • 1860 : La Mère au chapeau.
  • 1861 : Un coin du studio.
  • 1862 : Trophée de chasse, Paris, musée du Louvre.
  • 1864 : La Pointe de la Hève, huile sur toile, 41 × 73 cm, Londres, National Gallery.
  • 1865 :
    • La Charrette.
    • Le Chêne, forêt de Fontainebleau.
    • Plage à Honfleur.
  • 1866 :
    • Quai du Louvre, musée municipal de La Haye
  • 1867 :
    • Femmes au jardin.
    • Terrasse à Sainte-Adresse.
    • Le Jardin des princesses.
    • Église Saint-Germain-l’Auxerrois, Berlin, Alte Nationalgalerie.
    • La Jetée du Havre par mauvais temps.
  • 1868 :
    • La Pie, Paris, musée d’Orsay.
    • Madame Louis Joachim Gaudibert, Paris, musée d’Orsay.
    • Au bord de l’eau.
    • Portrait de Bazille, Montpellier, musée Fabre.
  • 1869 :
    • Bain à la Grenouillère, New York, Metropolitan Museum of Art.
    • La Seine à Bougival le soir.
  • 1870 :
    • Plage à Trouville.
    • Hôtel des Roches Noires, Trouville.
  • 1871 :
    • La Tamise à Westminster, huile sur toile, 47 × 73 cm, Londres, National Gallery.
  • 1872 :
    • Le train de marchandises, huile sur toile, 48,1 × 75 cm, Pola Museum of Art (Hakone, Japon).
    • Carrières-Saint-Denis, Paris, musée d’Orsay.
    • Le Déjeuner.
    • La Liseuse, 1872[198], huile sur toile, 50 × 65 cm, Baltimore, Walters Art Museum.
    • Impression, soleil levant, Paris, musée Marmottan Monet.
    • Bateaux sur la Seine à Rouen.
  • 1873 :
    • Les Coquelicots, Paris, musée d’Orsay.
    • Carnaval Boulevard des Capucines.
    • Effet d’automne à Argenteuil, Londres, Courtauld Gallery.
    • Jardin de l’artiste à Argenteuil, huile sur toile, 61 × 82 cm, Washington,National Gallery of Art.
  • 1874 :
    • Bateaux quittant le port (Le Havre).
    • Le Pont d’Argenteuil.
    • L’Été, huile sur toile, 57 × 80 cm, Berlin, Alte Nationalgalerie.
    • Le Pont de chemin de fer à Argenteuil, Philadelphia Museum of Art.
  • 1875 :
    • Régates à Argenteuil.
    • Femme à l’ombrelle.
    • La Promenade.
    • Train dans la neige.
    • Femme au métier.
    • Les Déchargeurs de charbon, Paris, musée d’Orsay.
  • 1876 :
    • Coin de jardin à Montgeron (W 418), Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage.
    • L’Arbre en Boule, Argenteuil (W 397), Berlin, musée Barberini.
    • L’Arrivée à Montgeron (W 421), coll. privée Etats-Unis
    • Le Bateau atelier.
    • La Japonaise.
    • La Maison d’Yerres (W 422), coll. privée Argentine.
    • Le Parc Monceau (3 tableaux).
    • Les Rosiers dans le Jardin de Montgeron (W 417), Berlin, musée Barberini.
    • L’Yerres près de Montgeron (W 423), coll. privée.
    • Vue de l’Yerres (W 424), coll. privée Etats-Unis.
    • Saules au bord de l’Yerres (W 425), coll. privée.
  • 1877 :
    • Étang à Montgeron (W 420), Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage.
    • La Gare Saint-Lazare.
    • Les Dindons (W 416), Paris, musée d’Orsay.
  • 1878 :
    • La Seine à Vétheuil, Le Havre, musée d’art moderne André-Malraux.
    • La Rue Montorgueil, Paris, musée d’Orsay.
  • Pruniers en fleur (1879).
    1880 : Les Falaises des Petites Dalles, musée des beaux-arts de Boston.
  • 1881 : Jardin de l’artiste à Vétheuil.
  • 1882 :
    • Les Pêcheurs de Poissy.
    • Les Tilleuls à Poissy.
    • Mer agitée à Pourville, huile sur toile, signée, datée, bas droite[199],
  • 1883 :
    • Les Deux pêcheurs.
    • La collégiale Notre-Dame de Vernon.
    • L’Arche d’Étretat.
    • Mer agitée à Étretat, musée des Beaux-Arts de Lyon.
  • 1884 :
    • Les Falaises des Petites Dalles, Washington, Kreeger Museum (en).
    • La Corniche de Monaco.
    • La Route rouge près de Menton.
    • Les Villas à Bordighera (Chicago).
    • Les Villas à Bordighera (Orsay).
  • 1885 :
    • Les Falaises à Étretat.
    • Étretat, la Manneporte, reflets sur l’eau, musée des beaux-arts de Caen.
  • Trois bateaux de pêche (1886).
    1886 :
    • Autoportrait.
    • Belle-Île.
    • Les Pyramides de Port-Coton, Belle-Île-en-Mer.
    • Les Rochers de Belle-Île.
    • Rochers à Port-Goulphar, Belle-Île-en-Mer.
    • Tempête, côte de Belle-Île.
    • Essai de figure en plein-air : Femme à l’ombrelle tournée vers la droite, Paris, musée d’Orsay.
    • Essai de figure en plein-air : Femme à l’ombrelle tournée vers la gauche, Paris, musée d’Orsay.
  • 1887 :
    • La Barque, Paris, musée Marmottan Monet.
    • Les Champs au printemps, Stuttgart, Staatsgalerie.
    • Peupliers au soleil, Stuttgart, Staatsgalerie.
  • 1889 :
    • La Vallée de la Creuse, Colmar, musée Unterlinden.
  • 1890 :
    • Meules, fin de l’été.
  • 1891 :
    • Meule, soleil dans la brume.
    • Peupliers longeant l’Epte, Automne.
    • Meules à Chailly.
  • 1892 :
    • La Cathédrale de Rouen. Le portail, temps gris.
    • La Cathédrale de Rouen. Le portail, vue de face.
  • 1893 :
    • La Cathédrale de Rouen. Le portail, soleil matinal.
    • La Cathédrale de Rouen. Le portail et la tour Saint-Romain, plein soleil.
    • La Cathédrale de Rouen. Le portail et la tour Saint-Romain, effet du matin.
  • 1894 : Cathédrale de Rouen.
  • 1895 : Mont Kolsaas, Paris, musée d’Orsay.
  • 1897 :
    • Les Falaises à Varengeville, Le Havre, musée d’art moderne André-Malraux.
    • Bras de Seine près de Giverny.
    • Mer agitée à Pourville , avec personnages sur la plage, signée bas gauche, huile sur toile, 73 × 100 cm, 1897 (W 1444), musée national de l’Art occidental, Tokyo.
  • 1898 : Nymphéas, effet du soir.
  • 1899 : Le Bassin aux nymphéas, harmonie verte.
  • 1900 : La Grande Allée à Giverny, musée des beaux-arts de Montréal.
  • 1901 : Leicester Square, la nuit.
  • 1903 :
    • Les Nymphéas.
    • Le Parlement de Londres au soleil couchant.
    • Le Pont de Waterloo, Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage.
    • Waterloo Bridge, le soleil dans le brouillard.
    • Charing Cross Bridge, la Tamise, musée des Beaux-Arts de Lyon.
  • 1904 : Londres, Le Parlement, trouée de soleil dans le brouillard.
  • 1905 :
    • Maisons du parlement, Londres, Paris, musée Marmottan Monet.
    • Les Nénuphars.
  • Nature morte aux œufs (1907).
    1907 : Nature morte aux œufs.
  • 1908 :
    • Le Grand Canal à Venise.
    • Palace de Mula à Venise.
    • San Giorgio Maggiore : Soleil Couchant à Venise.
  • 1910 : Palais des Doges.
  • 1913 : Les Arceaux de roses, Giverny.

Musées[modifier | modifier le code]

Musée Marmottan Monet.

Claude Monet est exposé dans les plus grands musées du monde : au MoMA[200], à la National Gallery of Art[201], à la National Gallery[202], au musée Thyssen-Bornemisza[203], au Rijksmuseum[204] et à la Neue Pinakothek[205]. Quelques œuvres sont également exposées au musée national des beaux-arts d’Alger.

En France, le musée Marmottan-Monet possède la plus importante collection publique d’œuvres de Claude Monet. Le musée de l’Orangerie expose les grandes décorations conformément à la volonté de l’artiste. Le musée d’Orsay possède également une importante collection de ses tableaux.

En région, le musée d’art moderne André-Malraux au Havre expose notamment les œuvres Soleil d’hiver à Lavacourt, Le Parlement de Londres ou encore une œuvre de la série des Nymphéas[206].

Par ailleurs, la maison du peintre à Giverny et son jardin sont préservés et ouverts au public par la Fondation Claude Monet[207].

Postérité[modifier | modifier le code]

Marché de l’art[modifier | modifier le code]

Champ de coquelicot près de Vétheuil (1879-1880).

Les tableaux de Claude Monet sont très disputés aux enchères. Relativement peu sont en vente : en 2004 il y a eu 26 ventes, 22 en 2005 et 28 en 2006. Parmi les ventes connues, on dénombre :

  • en 1989, un des nymphéas est vendu pour 10,5 millions de dollars, puis revendu en novembre 2005 pour deux millions de plus ;
  • en 1998, un autre nymphéas, de 1900, est vendu 19,8 millions de livres chez Sotheby’s[208] ;
  • un des tableaux de la série de la Tamise a été vendu frais compris pour presque 18 millions de livres en 2007 chez Christie’s à Londres[209] ;
  • en juin 2007, un autre nymphéas, de 1904, est acheté 18,5 millions de livres par un collectionneur asiatique chez Sotheby’s[208] ;
  • Dans la prairie, vendu le 4 février 2009 chez Christie’s, Londres pour 11,2 millions £[notes 10] avec les frais[210] ;
  • en 2012, un Nymphéas de 1905 a été vendu plus de 43 millions de dollars chez Christie’s[211] ;
  • un autre Nymphéas, peint en 1907, a été vendu le 5 mai 2014 chez Christie’s à New York, pour 27,045 millions de dollars[notes 11],[212].

En 2008, ses peintures ont établi deux records :

  • Le Pont du chemin de fer à Argenteuil, vendu le 6 mai 2008 chez Christie’s, New York, pour 41 481 000 $US soit 26 834 058 euros avec les frais[213] ;
  • Le bassin aux nymphéas, vendu le 24 juin 2008 chez Christie’s, Londres, pour 40 921 250 £ soit 51 757 197 euros avec les frais[214].

En 2018, un nouveau record est établi :

  • Nymphéas en fleurs qui faisait partie de la collection Rockefeller est vendu en mai 2018 chez Christie’s, New York, pour 84,6 millions de dollars[215].

Littérature[modifier | modifier le code]

Claude semble avoir partiellement inspiré le roman de Zola L’Œuvre de 1886[87]. Marcel Proust est également inspiré par le travail de Monet et admire fortement les impressionnistes. Dans le roman Jean Santeuil, Claude Monet est plusieurs fois évoqué, un collectionneur de Rouen achetant ses toiles, tout comme dans Sodome et Gomorrhe[216].

Il est également cité à plusieurs reprises dans le roman intitulé Aurélien de Louis Aragon (1944 pour la seconde édition), notamment lorsque les personnages font une sortie à Giverny pour le rencontrer car Rose Melrose souhaite qu’il fasse son portrait.

L’écrivain belge Stéphane Lambert a consacré deux livres à Claude Monet : L’Adieu au paysage : les Nymphéas de Claude Monet (éditions de la Différence, 2008) et Monet, impressions de l’étang (éditions Arléa, 2016).

Autres romans faisant référence au peintre :

  • Adrien Goetz, Intrigue à Giverny : roman, Paris, Grasset, (ISBN 978-2-246-80435-2) ;
  • Patrick Grainville, Falaise des fous, Paris, Seuil, 2018 (ISBN 978-2021375374).

Peinture[modifier | modifier le code]

Claude Monet est représenté par plusieurs de ses amis du groupe impressionniste. Ainsi Auguste Renoir, le peint trois fois, Édouard Manet deux fois au travail sur son bateau-atelier, John Singer Sargent deux fois un portrait de profil et à l’orée d’un bois au travail[2]. Frédéric Bazille, le représente alité et blessé ou dans l’atelier des Batignolles.

  • Bazille, L'Ambulance improvisée, 1865.

    Bazille, L’Ambulance improvisée, 1865.

  • Monet lisant, par Renoir, 1872.

    Monet lisant, par Renoir, 1872.

  • Monet peignant dans son jardin en 1873 par Renoir

    Monet peignant dans son jardin en 1873 par Renoir

  • Pierre-Auguste Renoir, Portrait de Monet, 1875.

    Pierre-Auguste Renoir, Portrait de Monet, 1875.

  • Claude Monet peignant dans son atelier de Manet en 1874.

  • John Singer Sargent, Monet peignant à l’orée d'un bois, 1885.

    John Singer Sargent, Monet peignant à l’orée d’un bois, 1885.

Sculpture[modifier | modifier le code]

En 2013, l’œuvre en Béton Polysensoriel, L’ARCHE DE MONET, de l’artiste Milène Guermont est acquise par la ville du Havre et installée dans son hôtel de ville dessiné par Auguste Perret. Cette sculpture interactive émet des sons d’eau quand on l’effleure en fonction de son champ magnétique. L’artiste fait référence au peintre Claude Monet qui créait dans sa barque et aussi au premier objet en béton moderne : la barque de l’ingénieur Joseph Lambot.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Pont sur la Seine à Argenteuil de 1874.

En 1915, Sacha Guitry le présente parmi d’autres dans le film Ceux de chez nous[138].

Le Monet de la peinture La Seine à Argenteuil de 1873 inspire le titre du film Vanilla Sky de 2001.

Claude Monet à Giverny, la maison d’Alice, film de Philippe Piguet (52 minutes) produit par Bix Films pour France 5 et la Réunion des Musées nationaux[217].

Documentaire[modifier | modifier le code]

En 2011, un documentaire-fiction, intitulé Claude Monet : jardins secrets à Giverny, lui est consacré dans le cadre de l’émission Secrets d’Histoire, présentée par Stéphane Bern[218].

Le documentaire revient sur son enfance ainsi que sa carrière de peintre, tout en tentant de percer les secrets de sa personnalité. Le reportage brosse ainsi le portrait d’un homme récalcitrant et parfois dépressif, loin de la quiétude de ses peintures[218].

Plantes[modifier | modifier le code]

En 1897, Jean-Pierre Hoschedé et l’abbé Anatole Toussaint lui dédient l’espèce hybride de pavot Papaver ×monetii qu’ils ont découverte dans son jardin à Giverny. Sur base de spécimens préservés, des chercheurs de l’Herbier de l’Université de Strasbourg ont écrit un article scientifique sur ce pavot hybride, qui, depuis qu’il a été identifié et décrit en 1897, n’a plus été revu dans la nature[219].

Une rose panachée de rose et de jaune lui a été dédiée par la maison Delbard en 1992, la rose ‘Claude Monet’.

Plusieurs obtenteurs de plantes ont produit de nouvelles variétés inspirées de Monet, notamment:

  • une variété de dahlia nain et compact, aux fleurs doubles blanches à reflets lavande pourpré, a été baptisée Dahlia ‘Gallery Monet’ [220]
  • une variété de heuchère sanguine, au feuillage panaché vert-crème et panicules de fleurs d’un rose-rouge vif, a été baptisée Heuchera sanguinea ‘Monet’ [221]
  • une variété de lobélie très florifère aux fleurs rose franc a été baptisée Lobelia ‘Monet Moment’ [222]
  • une variété de Neoregelia, plante réservoir aux feuilles de couleurs fuchsia très intenses constellé de points blancs, a été baptisée Neoregelia ‘Monet’[223].
  • des variétés de pensées ont été créées sous la dénomination Viola x wittrockiana ‘Delta Monet Mix’.
  • une variété de vélar a été baptisée Erysimum ‘Monet’s Moment’
  • une variété naine de Weigela de floride aux feuilles marginées de crème teinté de rose et fleurs d’un rose lumineux, au port compact, a été baptisée, en 2006, Weigela florida ‘Verweig’ (My Monet) aussi connue sous Weigela florida ‘Monet’ [224]

Astronomie[modifier | modifier le code]

Sont nommés en son honneur l’astéroïde (6676) Monet[225] et le cratère mercurien Monet[225].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Collectif (trad. de l’espagnol), Monet et l’abstraction, Vanves, France, Éditions Hazan, , 176 p., poche (ISBN 978-2-7541-0479-1).
  • Michel de Decker, Claude Monet, Pygmalion, .
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 9, éditions Gründ, , 13 440 (ISBN 978-2-7000-3019-8 et 2-7000-3019-2), p. 748-752.
  • Jill Berk Jiminez et Joanna Banham, Dictionary of artists’ models, Taylor & Francis, (lire en ligne), « Camille Doncieux ».
  • François Daulte, Arnaud d’Hauterives, Germain Bazin et Marianne Delafond, Claude Monet et ses amis, éditions de la Fondation de l’Hermitage, Lausanne, 1993.
  • Alexandre Duval-Stalla, Claude Monet — Georges Clemenceau : une histoire, deux caractères, Gallimard, .
  • Marc Elder, A Giverny, chez Claude Monet, Bernheim, , fac-simile 2012, (ISBN 978-2-7586-0284-2).
  • Gustave Geffroy, Claude Monet, sa vie, son œuvre, Paris, Macula, , 556 p. (ISBN 2-86589-018-X), édition présentée et annotée par C. Judrin.
  • Jacques-Sylvain Klein, Lumières normandes, les hauts-lieux de l’impressionnisme, Point de vues, .
  • Jacques-Sylvain Klein, La Normandie, berceau de l’impressionnisme, Ouest-France, .
  • Stéphane Lambert, L’Adieu au paysage : les Nymphéas de Claude Monet, La Différence, 2008.
  • Ségolène Le Men, Monet, Paris, Citadelles et Mazenod, 2e éd. 2017 (première édition 2010), 456 p. (ISBN 978-2-85088-330-9).
  • Dominique Lobstein, Monet, Éditions Jean-Paul Gisserot, , 125 p.
  • Dominique Lobstein, Monet et Londres, Garches, Éditions À Propos, , 64 p. (ISBN 2-915398-01-1)
  • Terry W. Strieter, Nineteenth-century European art : a topical dictionary, Greenwood Publishing Group, (lire en ligne), « Hoschedé, Mme. Alice », p. 103-104.
  • François Thiebault-Sisson, Les années d’épreuves, par Claude Monet, Le Temps, , réédition 2010, Mille et une nuits, (ISBN 978-2-755-50420-0).
  • Daniel Wildenstein, Monet ou le Triomphe de l’Impressionnisme, Cologne, Taschen, , 480 p. (ISBN 978-3-8365-2322-6).
  • Daniel Wildenstein, Monet — Catalogue raisonné (3 tomes), Cologne, Taschen, 1996, 1060 p.
  • Jérôme Garcin, « Le Tigre et le Crustacé », L’Obs,‎ (lire en ligne).

Liens internes[modifier | modifier le code]

  • Ets Latour-Marliac
  • Pays des Impressionnistes

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Claude Monet, sur Wikimedia Commons
  • « Exposition Monet 2010 au Grand Palais Galerie interactive de ses principaux tableaux » (consulté le ).

Bases de données et dictionnaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour d’autres auteurs, c’est Sisley qui, indigné par le dédain de Gleyre pour le paysage, a incité ses amis à quitter son atelier et à peindre dans la nature. Voir Nathalia Brodskaia, Impressionnisme et le post impressionnisme, Paris (lire en ligne), p. 256.
  2. Reprod. dans le catalogue de l’exposition French Paintings /Washington, National Gallery of Art, 1966, no 81 et 99.
  3. Reprod. dans le catalogue de l’exposition French Paintings (collections Mellon) Washington, National Gallery of Art, 1966, no 98.
  4. Il y peint notamment Les Dindons — Etang à Montgeron — Coin de Jardin à Montgeron — La Chasse
  5. Sur les 30 qu’il présente au total.
  6. C’est-à-dire ses deux fils, Jean et Michel, ainsi qu’Alice et ses six enfants.
  7. Il est à noter que l’exposition Œuvres récentes qui se déroule en mai 1895 dans la galerie de Durand-Ruel ne présent pas seulement des toiles de la série des cathédrales. En effet, sont également exposées huit vues de Vernon et huit paysages de Norvège.
  8. Raconté par Sacha Guitry dans Ceux de chez nous.
  9. On se reportera au catalogue de l’exposition The unknown Monet, pastels and drawings, Royal Academy of Arts, London, 2007.
  10. 12,4 millions €.
  11. Soit 19,413 millions d’euros

Références[modifier | modifier le code]

  1. « https://archives.yvelines.fr/rechercher/archives-en-ligne/correspondances-du-musee-departemental-maurice-denis/correspondances-du-musee-maurice-denis », sous le nom MONET Claude (consulté le )
  2. a et b (en) « Claude Monet Painting by the Edge of a Wood », sur tate.org.uk (consulté le )
  3. a et b Jean-Louis Beaucarnot, « Les véritables origines familiales de Monet », sur rfgenealogie.com, (consulté le ).
  4. Sylvie Patin, Monet : « un œil… mais, bon Dieu, quel œil ! », Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Arts » (no 131), .
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  6. a b et c Wildenstein 1996, p. 9-10.
  7. a et b Wildenstein 1996, p. 11-15. Sur les caricatures, Le Men 2010 (2e éd. 2017), p. 32-45.
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  9. a b et c Wildenstein 1996, p. 16-20.
  10. a et b Lobstein 2002, p. 15.
  11. Xavier Mauduit et Cédric Lemagnent, La Véritable Histoire des impressionnistes, Paris, Armand Colin, , 304 p. (ISBN 978-2-200-62075-2, lire en ligne), p. 44.
  12. Lobstein 2002, p. 18.
  13. a b c et d Wildenstein 1996, p. 17-35.
  14. a et b Lobstein 2002, p. 19.
  15. Geffroy 1994, p. 32
  16. a b et c Wildenstein 1996, p. 36-42.
  17. Lobstein 2002, p. 21 et 22.
  18. a b et c Wildenstein 1996, p. 43-52.
  19. Florence et Jean-Pierre Camard, Orsay, le goût d’une époque, Time-life, 1990
  20. Fabrice Midal, Comment la philosophie peut nous sauver : 22 méditations décisives, p. 62 (en ligne).
  21. Gustave Geffroy, François Blondel, Théodore Duret, Alfred Sisley, p. 9-10 (en ligne).
  22. Lobstein 2002, p. 22.
  23. a b c d e et f Wildenstein 1996, p. 52-56.
  24. Lobstein 2002, p. 25.
  25. Pascal Bonafoux, Monet, Paris, Perrin, , Pages 88 à 90
  26. « Le Déjeuner sur l’herbe », sur musee-orsay.fr (consulté le )
  27. a b c d e et f Wildenstein 1996, p. 58-60.
  28. Daniel Wildenstein, Catalogue raisonné, Taschen, , page 33 à 35
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  30. Claudio Zambianchi, Monet, Tome 1, La peinture en plein air
  31. a et b Lobstein 2002, p. 28.
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  34. a et b Lobstein 2002, p. 33.
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  36. Daniel Wildenstein, Monet ou le triomphe de l’Impressionnisme, Taschen, , 480 p. (ISBN 2-7434-2510-5), page 70
  37. Anthony Lacoudre, Ici est né l’impressionnisme : guide de randonnées en Yvelines, préface Claude Bonin-Pissarro, Éd. du Valhermeil, 2003 (ISBN 2913328415 et 9782913328419), p. 35.
  38. Bruno Delarue, Les peintres à Trouville, Deauville et Villerville : 1821-1950, Éditions Terre en vue.
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  40. Lobstein 2002, p. 35.
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  42. Dominique Lobstein, Monet et Londres, Paris, À Propos, 64 p. (ISBN 9782915398014)
  43. a et b Henry Bellet, « Les impressionnistes, ces peintres français tapis dans Londres », sur lemonde.fr, (consulté le )
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  69. (fr + en + de) Daniel Wildenstein, Monet: Catalogue raisonné — Werkverzeichnis, Volume II: Nos. 1–968, Wildenstein Institute and Taschen, (ISBN 3-8228-8759-5, lire en ligne), p. 169-170
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v · m

Claude Monet

Famille
  • Camille Doncieux (épouse)
  • Alice Hoschedé (épouse en secondes noces)
  • Blanche Hoschedé (belle-fille et élève)
  • Suzanne Hoschedé (belle-fille)
  • Jean Monet (fils)
  • Michel Monet (fils)
Peintres
  • Eugène Boudin
  • Frédéric Bazille
  • Édouard Manet
  • Auguste Renoir
  • Gustave Courbet
  • Camille Pissarro
  • John Singer Sargent
  • Alfred Sisley
Relations
  • Georges Clemenceau
  • Gustave Geffroy
  • Ernest Hoschedé
  • Octave Mirbeau
  • Gustave Caillebotte
  • Paul Durand-Ruel (galeriste)
  • Georges Petit (galeriste)
Mouvement Impressionnisme
Œuvres (ordre alphabétique)
  • Autoportrait
  • Bain à la Grenouillère
  • La Barque
  • Le Bassin aux nymphéas, harmonie verte
  • Bateaux quittant le port
  • Bateaux sur la plage à Étretat
  • Bras de Seine près de Giverny
  • Camille Monet sur un banc de jardin
  • Camille sur son lit de mort
  • La Capeline rouge
  • Carrières-Saint-Denis
  • Le Boulevard des Capucines
  • Le Grand Canal
  • Champ de coquelicots
  • La Charrette, route sous la neige à Honfleur
  • Coin de jardin à Montgeron
  • Les Coquelicots
  • Dame en blanc au jardin
  • Le Déjeuner
  • Le Déjeuner sur l’herbe
  • En promenade près d’Argenteuil
  • Environs de Honfleur, neige
  • Étang à Montgeron
  • Falaises près de Dieppe
  • Les Falaises à Étretat
  • Femme à l’ombrelle tournée vers la droite
  • Femme à l’ombrelle tournée vers la gauche
  • Le Grand Quai au Havre
  • Hôtel des Roches Noires
  • Impression, soleil levant
  • La Japonaise
  • Jardin à Bordighera, impression de matin
  • Le Jardin de l’Infante
  • Leicester Square, la nuit
  • Meule à Giverny
  • Michel Monet au pompon
  • Nature morte aux œufs
  • Les Nymphéas à Giverny
  • Le Parc Monceau
  • Le Petit Bras de la Seine à Argenteuil
  • La Pointe de la Hève, Sainte-Adresse
  • Les Pêcheurs de Poissy
  • La Pie
  • Le Pont d’Argenteuil
  • Prés à Giverny
  • Printemps
  • La Promenade
  • Régates à Argenteuil
  • Les Régates à Sainte-Adresse
  • La Rue Montorgueil
  • Mer agitée à Étretat
  • Saint-Georges-Majeur au crépuscule
  • La Seine à Asnières
  • La Seine à Rouen
  • Sur la falaise de Dieppe
  • Terrasse à Sainte-Adresse
  • Les Tilleuls à Poissy
  • Le Train dans la neige
  • Les Tuileries
  • La Vallée de la Nervia
  • Les Villas à Bordighera (Chicago)
  • Les Villas à Bordighera (Orsay)
Séries
  • La Gare Saint-Lazare
  • Les Meules
  • Les Peupliers
  • Les Cathédrales de Rouen
  • Le Parlement de Londres
  • Le Pont de Waterloo
  • Charing Cross Bridge
  • Les Nymphéas
  • Les Falaises à Étretat
  • Le Pont d’Argenteuil
  • Les Coquelicots
  • Les Matinées
Musées
  • Musée d’Orsay
  • Musée Marmottan Monet
  • Musée de l’Orangerie
  • Fondation Claude Monet
  • Musée des Beaux-Arts de Rouen
  • Palais des Beaux-Arts de Lille
  • Metropolitan Museum of Art
  • Art Institute of Chicago
  • Musée de l’Ermitage
  • Musée des Beaux-Arts Pouchkine
  • National Gallery of Art
Lieux
  • Argenteuil
  • Maison impressionniste
  • Étretat
  • Giverny
  • Cathédrale de Rouen
  • Sainte-Adresse
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Prénom : Oscar-Claude

Nom : Monet

Date de naissance : 14 novembre 1840

Lieu de naissance : Paris, France

Date de décès : 5 décembre 1926 (à 86 ans)

Nationalité : Français

Quelques oeuvres d’art de Monet : Impression soleil levant, Les Nymphéas, le Pont Japonais

Claude Monet est un peintre français connu pour son apport dans le mouvement artistique appelé impressionnisme. Né à Paris le 14 novembre 1840, il passe son enfance en Normandie, dans la ville du Havre puisqu’à ses cinq ans sa famille s’y installe. Progressivement le jeune Monet va développer sa passion, en commençant d’abord par la caricature, puis il va étudier la peinture à Paris en 1859 à l’Académie suisse, appuyé par son père. Son départ en Algérie pour le service militaire en 1861 entrecoupe ses études mais il continue à expérimenter différents effets artistiques. De retour à Paris en 1862 suite à une maladie qu’il contracte (la pleurésie), il rencontre le peintre suisse Charles Gleyre et travaille avec Alfred Sisley, Auguste Renoir et Frédéric Bazille qui deviendront ses proches amis.

Durant la seconde partie des années 1860, Monet peint dans un style qui rappelle celui d’Édouard Manet. A mesure qu’il étoffe son style, Claude Monet va être confronté à des difficultés financières car aucun salon ne voudra exposer ses toiles, malgré le succès de La Femme en robe verte qui représente Camille Doncieux, la femme qu’il épousera en 1870. Par la suite, Monet se rend à Londres au moment de la guerre franco-prussienne et rencontre le marchand Paul Durand-Ruel qui lui achètera ses toiles et contribuera à la diffusion des œuvres des impressionnistes.

Une partie du futur groupe d’impressionnistes se rejoint en 1872 à Argenteuil — composée de Monet, Manet et Renoir — et la première toile issue de ce mouvement artistique sera Impression, soleil levant, qui donnera d’ailleurs son nom au mouvement. Cette peinture sera présentée au public lors de la première exposition impressionniste en 1874. C’est cette année qui marquera l’apogée de l’impressionnisme et définira Claude Monet comme étant l’un des créateurs du mouvement. Malgré les critiques satiriques, six expositions seront présentées jusqu’en 1882 par les impressionnistes. Les achats continus de Durant-Ruel permettront à Claude Monet de vivre décemment sans avoir besoin de participer aux salons officiels.

En 1883 il finit par déménager à Giverny avec son amie Alice Hoschedé, les six enfants qu’elle a eus avec Ernest Hoschedé et ses deux enfants à lui, dont le dernier n’a pas connu sa mère, morte en couche en 1879. Giverny sera un véritable havre de paix pour Monet. Malgré les nombreux voyages qu’il effectuera pour s’inspirer de différents paysages français, il finira par acheter en 1890 la maison dans laquelle il habitait à Giverny et ses jardins l’inspireront à créer des œuvres aujourd’hui réputées comme la série des Nymphéas. Monet décède dans sa maison givernoise le 5 décembre 1926, entouré par sa famille. Suite à cela, la fondation Monet sera créée pour entretenir le domaine de Giverny et l’ouvrir au public.

Visiter Giverny est idéal pour découvrir l’environnement qui a été une si grande source d’inspiration pour le peintre et contempler les oeuvres d’art de Monet et des autres grands artistes impressionnistes au Musée de l’Impressionnisme.

Claude Monet : biographie du peintre impressionniste

BIOGRAPHIE CLAUDE MONET — Peintre français, Claude Monet s’est rendu célèbre en créant un nouveau courant artistique : l’impressionnisme. Dans sa propriété de Giverny, il a peint Les Nymphéas.

Biographie courte de Claude Monet — Le peintre impressionniste Claude Monet naît à Paris le 14 novembre 1840, mais passe son enfance au Havre. Dessinateur talentueux, il réalise et vend des caricatures. Son travail interpelle le peintre Eugène Boudin qui l’incite à peindre des paysages et la nature. Plus tard, il écrira : «Si je suis devenu peintre, c’est grâce à Boudin qui avec une inépuisable bonté, a entrepris mon éducation». En 1857, Claude Monet part étudier à Paris et entre à l’Académie Suisse. Trois ans plus tard, il effectue son service militaire en Algérie. Il est finalement réformé en 1862. Monet retourne à Paris et reprend la peinture.

Claude Monet entre alors dans l’atelier du peintre Gleyre et y rencontre Renoir, Sisley et Bazille. Il tombe en admiration devant le travail de Manet et les deux hommes deviennent amis. Il se rend à cette époque en forêt de Fontainebleau pour peindre en plein air. Ses tableaux sont refusés par le Salon officiel de Paris. Il y sera exposé pour la première fois en 1865. Dans les années 1860, sa maîtresse Camille Doncieux apparaît à de nombreuses reprises dans ses peintures comme Le Déjeuner sur l’herbe. Claude Monet l’épouse en 1870. Ils ont deux fils. Monet la peint même sur son lit de mort en 1879.

L’impressionnisme créé par Claude Monet

A la fin du XIXème siècle, Claude Monet inaugure un nouveau mouvement dans la peinture : l’impressionnisme. Cette approche, consacrée à saisir la lumière naturelle, reçoit au départ de vives critiques. Quelques années plus tard, elles se transforment en louanges et encensements. Lors d’un voyage à Londres en 1871, le peintre découvre les tableaux de Turner et est très impressionné par son style de peinture. Monet s’intéresse dès lors au rendu de la lumière sur l’eau. Il réalise de magnifiques paysages de brume comme le Parlement de Londres (1871). En compagnie de Pissaro, le peintre fait la connaissance du marchand de tableaux Durand-Ruel. Monet peint en 1872 un paysage du Havre, Impression, soleil levant (Musée Marmottan, Paris). Mais ce désormais célèbre tableau reçoit un mauvais accueil des critiques, en particulier de Louis Leroy qui se servit du mot «impression» en 1874 pour se moquer du style de la peinture. Ironie du sort, sans le savoir, ce dernier venait de donner un nom à un nouveau courant : l’impressionnisme. Un an après, Claude Monet peint Les Coquelicots, tableau qui reste dans les mémoires.

Impression, soleil levant
«Impression, soleil levant» peint par Claude Monet © GINIES/SIPA (publiée le 27/10/2022)

Claude Monet trouve l’inspiration à Giverny

C’est en 1883 que Claude Monet s’installe à Giverny. Il y reste plus de quarante ans. Le peintre effectue deux séries de tableaux de Peupliers et de Meules (1888-1891). Au lieu de représenter le paysage comme un état d’âme, il cherche à saisir un instant fugace de la nature. Il effectue ensuite une série de la Cathédrale de Rouen (1892-1894). Ses œuvres sont reconnues par les critiques d’art et le public à partir de 1889. La maison et le jardin du peintre avec ses bassins aux nymphéas sont préservés et ouverts au public par la Fondation Claude Monet, à Giverny. Dans le cimetière de la commune, Claude Monet repose dans le caveau familial. En savoir plus sur Giverny.

Nymphéas
«Le Bassin aux Nymphéas» de Claude Monet © AP/SIPA

Les nymphéas peints par Claude Monet

Claude Monet se consacre à partir de 1890 à la création, puis à la peinture de son bassin aux nymphéas à Giverny. Il effectue près de 250 tableaux avec ces nymphéas comme seul sujet (1890-1926). A la fin de la Première Guerre mondiale, Monet grand ami de Georges Clémenceau, fait cadeau à l’état de dix-neuf «Nymphéas». Les tableaux seront exposés dans deux salles de l’Orangerie aux Tuileries. Aujourd’hui, plusieurs «Nymphéas», parfois monumentales, sont visibles au musée Marmottan Monet de Paris, accompagnées d’autres vues du jardin de Giverny comme Le pont japonais, Les glycines, etc.

Mort et sépulture de Claude Monet

Claude Monet souffre de cataracte et est opéré d’un œil en 1923. Il continue de peindre jusqu’au début de l’année 1926. Il est aussi atteint d’un cancer du poumon qui l’emporte le 5 décembre 1926. Ses funérailles, auxquelles assiste son ami Georges Clemenceau, ont lieu dans l’église Sainte-Radegonde de Giverny. Il est inhumé dans le cimetière de cette même église. Claude Monet a bousculé le mode traditionnel de la peinture. Plutôt que de chercher à représenter la réalité le plus fidèlement possible, il s’attacha à essayer de capter les effets de la lumière naturelle. Cette voie, nommée impressionnisme, sera soutenue et développée par Renoir, Cézanne, Degas, Caillebotte et Bazille.

Claude Monet : dates clés

14 novembre 1840 : Naissance de Monet
Claude Oscar Monet naît à Paris le 14 novembre 1840.
1845 : Son enfance au Havre
La famille de Monet déménage pour le Havre.
1858 : Il est initié à la peinture en extérieure par Eugène Boudin
Claude Monet rencontre Eugène Boudin avec qui il travaille.
1859 : Monet souhaite étudier l’art
Monet part à Paris et entre à l’Académie suisse.
1863 : Il découvre les toiles de Manet
Monet découvre la peinture de Manet. Avec quelques autres peintres, il se rend dans la forêt de Fontainebleau pour peindre en plein air.
1871 : Le style de Turner
Lors d’un voyage à Londres, Monet découvre les tableaux de Turner. Son style au caractère peu fini l’inspire fortement. Comme lui, il s’attache à essayer de saisir les effets de la lumière sur l’eau.
15 avril 1874 : La naissance des impressionnistes
Une trentaine d’artistes ne sont pas acceptés par le jury du Salon officiel de Paris. Parmi eux figurent des peintres devenus célèbres : Cézanne, Degas, Monet, Pissaro, Renoir, Sisley, etc. Ils décident d’exposer eux-mêmes leurs toiles dans l’atelier de leur ami, le photographe connu sous le pseudonyme de Nadar. Quelques jours plus tard, le critique Louis Leroy dans un article satirique sur cette exposition parle d'»impressionnistes» en référence au titre d’un tableau de Claude Monet : «Impression soleil levant». Ironie suprême, c’est cet article, premier à avoir utilisé le terme péjoratif d'»impressionniste», qui donné à son nom à l’historique école de peinture.
1883 : Monet s’installe à Giverny en Normandie
Monet loue la maison de Giverny. Il y reste 43 ans.
1887 : Ses tableaux sont exposés à l’étranger
Monet expose à New-York grâce au soutient du marchand de tableaux londonien Durand-Ruel.
1889 : Aux côtés de Rodin
Monet expose avec Rodin. Cette année marque le début de son succès et sa célébrité.
1890 : Aménagement de son jardin à Giverny
Monet achète la maison de Giverny et commence les travaux pour la création du bassin aux nymphéas.
23 novembre 1900 : Monet expose ses «Nymphéas»
Les premiers tableaux de la série des «Nymphéas» sont exposés à la galerie Durand-Ruel à Paris lors de la première exposition Monet du siècle. Jusqu’en 1926, le peintre s’attache à prendre comme seul motif le bassin aux nymphéas de son jardin de Giverny.
1920 : Monet est atteint de cataracte
Premiers symptômes de la cataracte. Monet est opéré d’un œil en 1923 et sa vue s’améliore un peu.
5 décembre 1926 : Mort de Monet
Monet est atteint d’un cancer du poumon. Il meurt le 5 décembre et est enterré à Giverny dans le caveau de famille en présence de Georges Clemenceau.

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  •  Le peintre français, le chef de l'impressionnisme du pays.

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    Le peintre français, le chef de l’impressionnisme du pays.

  • Il est né le 14 novembre 1840 à Paris mais toutes ses impressions d'enfant et...

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    Il est né le 14 novembre 1840 à Paris mais toutes ses impressions d’enfant et d’adolescent sont liées à la ville du Havre où sa famille a déménagé vers 1845.
    Alors qu’il était encore au lycée, il peignait des caricatures qu’il a exposé dans le magasin de fournitures de dessin avec lequel Eugène Boudin travaillait à l’époque. Monet a commencé à travailler à Paris à l’Académie Suisse, où il a fait la connaissance de Pissarro et Cézanne, avant de devoir effectuer ses obligations militaires.

  • «Le  quai»«Les lis aquatiques»

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    «Le quai»
    «Les lis aquatiques»

  • Il est le peintre du soleil, des champs, des reflets de l’eau. Il peint la me...

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    Il est le peintre du soleil, des champs, des reflets de l’eau. Il peint la mer normande et ses brouillards, les paysages de Paris, la cathédrale de Rouen. Monet veut démontrer qu’il n’a pas dans la nature, par rapport à la lumière, de couleur absolue, et que le visage de chaque objet est toujours en changement.
    «Le Lilas au soleil
    1872-1873»
    «Le Boulevard des Capucines à Paris 1873»
    «Le Pont à Argeneé
    1874»

  • Voilà pourquoi il brosse cent images de la même eau, cent images des mêmes ar...

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    Voilà pourquoi il brosse cent images de la même eau, cent images des mêmes arbres, le soleil à son lever et à son coucher, le soleil en ses multiples transformations en toute saison.
    «Le Petit déjeuner sur l’herbe 1866»
    «La Gare Saint — Lazare 1877»

  • Chacun de ses tableaux surtout tels que Impression, Soleil levant, Terrasse a...

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    Chacun de ses tableaux surtout tels que Impression, Soleil levant, Terrasse au bord de la mer près du Havre, Fleurs de printemps, Femmes au jardin, la Gare Saint-Lazare et autres font de lui le maître incontesté de la peinture impressionniste.
    «L’automne 1902»
    «Les meules 1890»
    «La cathédrale
    de Rouen 1894»

  • Il est mort le 5 décembre 1926г à Giverni

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    Il est mort le 5 décembre 1926г à Giverni

  • L ’auteur du travail
 Belov Vladislav,
l’élève de 9-ème classe
 de l’école cl...

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    L ’auteur du travail
    Belov Vladislav,
    l’élève de 9-ème classe
    de l’école classique
    de Nerekhta,
    région de Kostroma.
    Professeur Galkina A.N.

Self-portrait in his Atelier by Monet (by Musée Marmottan, Public Domain)

Autoportrait de l’artiste dans son atelier, Monet

Musée Marmottan (Public Domain)

Claude Monet (1840-1926) était un peintre impressionniste français qui transforma l’art moderne en mettant l’accent sur les coups de pinceau légers, les couleurs vives et la nature épurée. Célèbre pour ses paysages et ses séries de tableaux qui capturent la même vue dans différentes conditions atmosphériques momentanées, Monet est considéré comme l’un des artistes les plus grands et les plus influents de tous les temps.

Enfance

Oscar-Claude Monet vit le jour à Paris le 14 novembre 1840. On ne connaît pas le métier du père de Monet, Claude-Adolphe, si ce n’est qu’il était humble et que la famille avait souvent des difficultés financières. En 1845, les Monet s’installèrent au Havre, sur la côte nord de la France, où Claude-Adolphe travailla dans l’entreprise florissante d’épicerie en gros de son beau-frère. À l’école, la matière préférée d’Oscar-Claude était l’art et, fasciné par les bateaux dans le port animé, il les dessina souvent. Dès l’âge de 15 ans, il gagna de l’argent en vendant des caricatures, dont certaines étaient exposées chaque dimanche dans la vitrine d’un magasin local qui devint une petite attraction locale. La tante de Monet, Marie-Jeanne Lecadre, peintre amateur, encouragea Oscar-Claude et lui présenta l’artiste Amand Gautier (1825-1894).

Une autre influence artistique fut le peintre paysagiste Eugène Boudin (1824-1898) et les deux hommes partaient ensemble peindre en plein air, par opposition à la méthode traditionnelle de la peinture en atelier. Alors qu’il n’avait que 17 ans, Monet réalisa sa première toile en plein air, Vue prise à Rouelles, en 1858. Monet décrira plus tard cette expérience :

Boudin a posé son chevalet et s’est mis au travail… pour moi, ce fut comme le déchirement d’un voile ; j’ai compris, j’ai saisi ce que pouvait être la peinture… mon destin de peintre s’est ouvert devant moi. Si je suis vraiment devenu peintre, je le dois à Eugène Boudin… Peu à peu, mes yeux se sont ouverts et j’ai compris la nature.

(Hodge, 15)

Spring Flowers by Monet

Fleurs de printemps, Monet

Cleveland Museum of Art (Public Domain)

En avril 1859, Monet rassembla ses économies provenant de la vente de ses caricatures et partit étudier l’art à Paris. Il s’inscrit à l’Académie suisse, un établissement peu conventionnel, et commença à se lier d’amitié avec des artistes comme Camille Pissarro (1830-1903) et Paul Cézanne (1839-1906). La multiplication des caricatures lui permit d’arrondir ses fins de mois.

Avec ses chemises à volants de dentelle, Monet était surnommé «le dandy» par ses pairs.

En juin 1861, les études de Monet furent brutalement interrompues par la conscription dans l’armée française. Ayant rejoint la Cavalerie légère africaine, il fut envoyé en Algérie. Les couleurs vives de l’Afrique du Nord laissèrent une impression durable sur le jeune artiste qui continuait à dessiner quand il le pouvait. Puis, après avoir contracté la typhoïde en 1862, Monet fut renvoyé chez lui en invalidité. Six mois plus tard, sa tante Marie-Jeanne lui paya sa sortie de l’armée. À 22 ans, il abandonna l’Oscar de son nom et se remit à peindre. C’est au Havre que Monet rencontra l’artiste hollandais Johan Barthold Jongkind (1819-1891) dont il admirait déjà les larges coups de pinceau audacieux et les effets du temps sur les paysages marins. Comme l’a noté Monet, Jongkind «est devenu à partir de ce moment mon véritable maître ; et c’est à lui que je dois le développement final de mon œil de peintre» (Hodge, 19).

Les impressionnistes

À la fin de l’année 1862, Monet retourna à Paris — l’une des conditions du sauvetage de l’armée par sa tante était qu’il étudie dans la capitale sous la direction d’un artiste connu. Le choix se porta sur le cousin de Jeanne par alliance : Auguste Toulmouche (1829-1890). Toulmouche encouragea Monet à étudier à l’académie de Charles Gleyre (1806-1874) pendant les deux années suivantes. Monet élargit encore ses connaissances artistiques en rencontrant Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Frédéric Bazille (1841-1870) et Alfred Sisley (1839-1899). Le groupe d’artistes qui sera connu sous le nom d’impressionnistes se rassemblait peu à peu. Monet, peut-être en compensation de ses origines modestes, portait un soin particulier à son apparence. Avec ses chemises à volants de dentelle, il était surnommé «le dandy» par ses pairs.

Garden at Sainte-Adresse by Monet

Jardin de Sainte-Adresse, Monet

wikiart.org (Public Domain)

Monet apprenait maintenant son métier fait d’interminables exercices de dessin et il produisit des natures mortes qui montrent qu’il maîtrisait la peinture aussi bien que quiconque. Il y avait là des indices de ce qui allait suivre. Les scènes de forêt, peintes dans la forêt de Fontainebleau, au sud de Paris, montrent que Monet observait attentivement la nature, capturant le changement des saisons et expérimentant la lumière et la couleur. En 1864, il partagea un atelier à Paris avec Bazille, mais continua également à peindre sur la côte normande. Un autre domaine que l’artiste souhaitait développer était le portrait, et Monet engagea un modèle à cette fin, Camille-Léonie Doncieux (1847-1879). Ils s’éprirent l’un de l’autre. Edouard Manet (1832-1883), qui faisait sensation avec ses peintures de la vie parisienne contemporaine, constituait une autre voie d’exploration possible.

Renoir et Monet commencèrent à développer leur nouveau style de peinture, qui mettait l’accent sur les effets fugaces de la lumière.

En 1866, la reconnaissance prit de l’ampleur lorsque deux des œuvres de Monet furent présentées au prestigieux Salon de Paris. L’une d’entre elles, Femme à la robe verte, dont le modèle n’était autre que Camille, fut bien accueillie par les critiques car elle mélangeait les tons sombres traditionnels du portrait avec la modernité des vêtements de la femme. Cette attention se traduisit par quelques ventes. En août 1867, Monet et Camille eurent un fils, Jean. Ne souhaitant pas révéler sa relation avec Camille à son père, la famille avait du mal à joindre les deux bouts.

En 1868, une autre œuvre fut exposée au Salon, et Monet participa à l’Exposition maritime internationale du Havre, où il remporta une médaille d’argent. Après un bref séjour à Étretat, au bord de la mer, Monet était de retour à Paris en 1869, mais les choses n’allaient pas si bien que cela, ni sur le plan artistique ni sur le plan familial. Comme son père, la tante de Monet, Marie-Jeanne, lui retira son soutien financier parce qu’il n’avait toujours pas épousé Camille. En 1869, le Salon rejeta ses soumissions. Heureusement, Renoir intervint et sauva Monet en l’invitant à La Grenouillère, une station balnéaire à la mode sur la Seine. Travaillant ensemble, Renoir et Monet commencèrent à développer leur nouveau style de peinture, qui mettait l’accent sur les effets fugaces de la lumière.

The Magpie by Monet

La pie, Monet

Musée d’Orsay (Public Domain)

Exil

Le 28 juin 1870, Monet et Camille se marièrent. Ils s’installèrent à Trouville, sur la côte normande, où Monet peignit 12 œuvres et affina son style. Puis le désastre survint avec le déclenchement de la guerre franco-prussienne. Monet et sa famille cherchèrent la sécurité des rivages étrangers ; en septembre 1870, ils s’installèrent à Londres.

Les choses commencèrent à s’améliorer lorsque Monet entra en contact avec Paul Durand-Ruel (1831-1922), un marchand d’art parisien qui était sur le point d’ouvrir une nouvelle galerie à Londres. Il sélectionna l’une des peintures de Monet pour son exposition inaugurale. Monet visita des galeries et fut impressionné par les œuvres de Constable et de Turner. Ce dernier était un visionnaire qui peignait en plein air et capturait les effets de la lumière sur la nature bien avant l’arrivée des impressionnistes.

Monet était impatient de retourner à Paris, mais une guerre civile avait éclaté et il se rendit donc à Zaandam, près d’Amsterdam, en mai. Il peignit 24 toiles, capturant les effets de la lumière sur les eaux ondulantes du canal. À cette époque, Monet et Camille, qui avaient tous deux perdu un parent, héritèrent d’une petite allocation. Camille enseigna le français, et les premières ventes de la galerie Durand-Ruel arrivèrent. Il semblait enfin que Monet pourrait vivre de son art, même s’il avait déjà abandonné l’espoir d’atteindre la gloire.

Monet retourna à Paris à l’automne 1871 et trouva une ville bien changée. Il installa son atelier et travailla à la finition de ses peintures hollandaises, parvenant à intéresser un autre marchand, Latouche, avec un bon nombre d’entre elles. Grâce à ses expériences, Monet était prêt, avec ses longs pinceaux et ses petits traits caractéristiques, à créer certaines de ses œuvres les plus emblématiques.

Convaincre les critiques

Monet travailla à Argenteuil, au nord-ouest de Paris, où industrie et plaisanciers sur la Seine se mélangeaient. L’artiste était fasciné par la rencontre de la nature et de l’architecture de l’industrie lourde, un tout nouveau genre de peinture de paysage semblait possible. Pour mieux saisir de telles scènes, il transforma un petit bateau à rames en studio flottant, ce qui amena Edouard Manet (1832-1883) à décrire Monet comme «le Raphaël de l’eau» (Hodge, 43). Il revisita également la Normandie, à la recherche de la même curieuse juxtaposition d’humanité et de nature. C’est là qu’il produisit son premier chef-d’œuvre, à couper le souffle.

Impression, Sunrise by Monet

Impression, soleil levant, Monet

Musée Marmottan (Public Domain)

Pour briser le monopole du Salon sur la présentation de l’art, les peintres impressionnistes se réunirent et organisèrent leur propre exposition en avril 1874, la Première exposition impressionniste. Elle comprenait cinq peintures et sept pastels de Monet. Si l’exposition n’a pas eu le succès escompté en termes de ventes ou d’adhésion de nombreux critiques, elle permit au moins de faire parler d’elle. Une œuvre, en particulier fit sensation. L’impression, soleil levant de 1872 , une vue du port industriel du Havre avec un soleil orange vif se reflétant dans des eaux pourpres, provoqua une réaction tout aussi féroce de la part des critiques d’art conservateurs, qui protestèrent contre les formes vagues, les coups de pinceau hésitants et le manque apparent d’exécution et de finition. Un critique nota : «Le papier peint à ses débuts est beaucoup plus fini que cela» (Roe, 129). Un autre critique utilisa le titre de la peinture pour inventer le terme «impressionnisme», qui était alors une étiquette péjorative pour ce nouveau type d’art qui laissait perplexe.

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Les revenus de Monet furent renforcés grâce à une rencontre avec Victor Chocquet (1821-1896), un douanier qui s’intéressait de près aux impressionnistes. Chocquet acheta plusieurs tableaux de Monet pour enrichir sa collection. La deuxième exposition impressionniste de février 1876 fut à nouveau mal accueillie, mais il se murmurait au moins parmi les critiques que ces artistes d’avant-garde ont peut-être quelque chose à dire. Monet fit à nouveau sensation, cette fois avec La Japonaise — Camille portant un kimono rouge. Tentative évidente de créer une œuvre commerciale, certains collègues artistes de Monet pensèrent qu’il s’agissait là d’une concession aux critiques tout à fait inutile. Monet lui-même critiqua plus tard le tableau, mais il se vendit pour les 2 000 francs dont il avait tant besoin.

Gare Saint-Lazare by Monet

La gare Saint-Lazare par Monet

Musée d’Orsay (Public Domain)

En 1877, Monet peignit une nouvelle série de tableaux sur les trains et les gares, notamment la gare Saint-Lazare à Paris. L’élément eau était un peu différent, cette fois sous la forme de la vapeur des moteurs, mais l’attrait du mélange des effets de lumière sur l’architecture industrielle continuait de le fasciner. Nombre de ces œuvres furent incluses dans les 30 offres de Monet à la troisième exposition impressionniste d’avril 1877. Cette exposition recueillit un peu plus de critiques positives que précédemment : l’establishment artistique commençait à réaliser qu’il ne pouvait pas continuer à ignorer les impressionnistes indéfiniment. L’un de leurs partisans était le romancier Émile Zola (1840-1902), qui qualifia de «superbes» les travaux ferroviaires de Monet et, reconnaissant l’abandon des sujets traditionnels dans les beaux-arts, il nota : «C’est la peinture d’aujourd’hui, dans ces cadres modernes et magnifiquement larges. Nos artistes doivent trouver la poésie dans les gares, tout comme leurs pères l’ont trouvée dans les forêts et les rivières» (Hodge, 47).

De retour à Paris en 1878, Camille donna naissance à leur deuxième fils, Michel, mais elle souffrait de maladie chronique. Monet s’installa dans l’air pur de Vétheuil, au nord de Paris. L’hiver rigoureux n’empêcha pas l’artiste de peindre en plein air et de saisir les effets de la lumière sur la neige et le givre. Ses finances étaient au plus bas et, contraint d’écrire des lettres de supplication, il subit le coup le plus cruel lorsque Camille mourut le 5 septembre 1879 ; elle n’avait que 32 ans.

Monet fut accablé de chagrin et était complètement ruiné, mais il se plongea dans le travail. Refusant de participer à la cinquième exposition impressionniste, Monet décida d’essayer des peintures plus rentables qui lui permettraient de se nourrir lui et ses fils. Il soumit son Coucher de soleil sur la Seine à Lavacourt au Salon de 1880 qui l’accepta. En 1881, les revenus de Monet étaient plus sûrs et il commença à se constituer une clientèle pour ses œuvres. Monet partageait sa résidence avec Alice Hoschedé et ses enfants. Ernest Hoschedé avait été le mécène de l’artiste avant la faillite. Ernest vivait désormais à Paris, et les arrangements domestiques étranges de Monet, Alice et leurs enfants étaient la cible des rumeurs locales. Sans se décourager, le groupe s’installa à Poissy en décembre 1881.

Haystacks in the Sun by Monet

Des meules de foin au soleil de Monet

Claude Monet (Public Domain)

Les impressionnistes continuèrent leurs expositions indépendantes, et la septième, qui se tint en 1882, présenta 35 peintures de Monet. L’exposition fut la mieux accueillie jusque-là, en particulier les marines de Poissy de Monet, qui sont des vues simplifiées où la couleur et la lumière priment sur les détails. En mars 1883, Durand-Rule organisa une exposition personnelle pour Monet. Si le succès ne fut pas au rendez-vous, l’exposition marqua une nouvelle étape dans la notoriété de Monet. Cette année-là, l’artiste s’installa à Giverny, sur la Seine, mais avant de s’y installer définitivement, il visita le sud de la France et l’Italie à la recherche de lumière et d’une nouvelle inspiration.

Dans des endroits comme Bordighera, en Ligurie, Monet fut fasciné par la lumière méditerranéenne, les couleurs pastel, le feuillage et les fleurs luxuriantes. Rien qu’à Bordighera, il réalisa 50 tableaux. L’artiste y associa son style impressionniste à une nouvelle palette plus lumineuse. En août 1884, il était de retour à Giverny et ne le quitta pratiquement plus, peignant des paysages et des scènes de jardin.

L’année 1886 marqua une nouvelle avancée grâce à une exposition à New York organisée par Durand-Ruel. Les Américains étaient beaucoup plus positifs à l’égard des impressionnistes, et Monet réalisa plusieurs ventes. Jamais complètement libéré de ses doutes, Monet eut cependant la confiance nécessaire pour se lancer, en 1889, dans une série de tableaux qui capturent les mêmes scènes dans différentes conditions de lumière et de temps au fil des saisons. Le fruit de ce projet est une série sur la vallée de la Creuse ainsi que des vues d’Antibes et de Juan-les-Pins au sud et de la Normandie et de la Bretagne au nord. Certains collègues artistes trouvent cette approche trop répétitive, mais Monet persista et partagea une exposition avec le sculpteur Auguste Rodin (1840-1917) à Paris. En 1890-91, Monet peignit sa série de meules de foin dans un champ près de Giverny, réduisant ses paysages à leurs éléments essentiels, ne laissant que l’ambiance, les couleurs et les formes d’une vue particulière à un moment particulier dans des conditions atmosphériques particulières, ce qu’il appelait collectivement l’enveloppe. L’artiste travaillait sur plusieurs toiles à la fois pour essayer de suivre le rythme des changements de soleil et de lumière. Une exposition de 15 meules de foin, à nouveau organisée par Durand-Ruel fut un réel succès, et presque toutes les peintures trouvèrent un acheteur.

San Giorgio Maggiore at Dusk by Monet

Saint-George-Majeur au crépuscule, Monet

National Museum Cardiff (Public Domain)

Ensuite, Monet adopta les peupliers comme nouveau sujet, puis une série de 30 peintures de la cathédrale de Rouen de 1892 à 1894. Là encore, ces tableaux se vendirent bien. Entre-temps, après le décès d’Ernest Hoschedé en 1891, Monet épousa enfin Alice en juillet 1892. Installé à Giverny et disposant d’un revenu aussi sûr qu’un artiste pouvait l’espérer, Monet put acheter sa maison et commencer à transformer son jardin en un jardin japonais, avec un pont ornemental, un bassin et une flore orientale, comme il l’avait vu dans les estampes japonaises. Monet trouva encore le temps de faire un voyage en Norvège en 1895 pour peindre des scènes de neige. L’année suivante, il retourna en Normandie pour réaliser d’autres paysages marins, puis en 1897, il était de retour sur son bateau-atelier pour achever une série de tableaux sur la Seine, la plupart pris dans les conditions brumeuses du petit matin. Pendant ce temps, de nouvelles expositions en Europe et aux États-Unis consolidèrent la réputation de Monet comme l’un des principaux peintres modernes.

En 1899, Monet retourna à Londres et peignit la Tamise depuis son balcon du tout nouvel hôtel Savoy. D’autres séries se développèrent, mettant en scène le pont de Waterloo, le pont de Charing Cross et les Chambres du Parlement, vus dans la brume du fameux brouillard de la ville. Il retourna à Londres pour poursuivre ce travail pendant deux autres périodes jusqu’en 1901. Bien que les tableaux semblent avoir été achevés très rapidement, Monet les retravailla sans cesse, en plein air ou dans son atelier, pendant les trois années suivantes. Lorsque près de la moitié des 85 toiles de Londres furent mises en vente, elles atteignirent les prix les plus élevés jamais atteints par Monet.

À Giverny, le jardin japonais de Monet était enfin prêt à être peint, comme il l’avait prévu depuis longtemps. Une nouvelle série fut produite, centrée sur le pont paisible et l’étang de nénuphars apaisant qui se trouvait en dessous. À partir de 1903, Monet créa 150 tableaux de son jardin, mais, toujours à la recherche de la perfection, beaucoup ne furent jamais terminés; ceux qui furent achevés furent exposés à Paris, un autre triomphe en 1909. L’artiste continua à rechercher de nouveaux défis jusqu’à la fin de sa soixantaine. En octobre 1908, il se rendit à Venise et captura une fois de plus la rencontre de la lumière, de l’eau et de l’architecture. Ce sera le dernier de ses voyages de peinture.

Water Lily Pond by Monet

Le bassin aux nymphéas, Monet

National Gallery, London (Public Domain)

Mort et héritage

Au cours de ses dernières années, Monet mena une vie tranquille, profitant de son jardin à Giverny. Alice mourut en mai 1911 d’une leucémie, et son fils Jean de la syphilis en 1914. Monet était lui-même de plus en plus fragile et avait pratiquement perdu la vue d’un œil. La Première Guerre mondiale éclata, mais Monet resta à l’écart de ses horreurs. Il continua à peindre, se concentrant sur les saules pleureurs et les nénuphars sur des toiles massives de plus de quatre mètres de long, si grandes qu’il dut faire construire un nouvel atelier pour les accueillir. Il fit don de ces œuvres à l’État français et elles sont aujourd’hui exposées dans l’Orangerie, construite à cet effet à Paris, dans une galerie incurvée conçue par Monet.

Claude Monet mourut d’une sclérose pulmonaire le 5 décembre 1926. L’œuvre de Monet influença ses contemporains et les post-impressionnistes comme Vincent van Gogh (1853-1890). Sa vision d’une toile sans frontières et d’une exécution rapide inspirera des artistes ultérieurs comme Jackson Pollock (1912-1956) et Roy Lichtenstein (1923-1997). L’art s’était peut-être éloigné de l’impressionnisme pur alors même que Monet peignait encore, mais au milieu du 20e siècle, sa place parmi les fondateurs d’un mouvement qui changea l’art à jamais était assurée. Comme l’a noté l’artiste André Masson (1896-1987), «l’Orangerie est la chapelle Sixtine de l’impressionnisme» (Bouruet Aubertot, 257).

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